Depuis la reprise de la direction par Thierry Debroux, un nouveau souffle dynamique règne au Théâtre du Parc. Si la ligne de la programmation n’a pas changée et qu’on y trouve toujours des "classiques", des metteurs en scène de tous horizons les revisitent. Miriam Youssef a choisi de porter à la scène l’une des pièces emblématiques du vaudeville : "La Dame de chez Maxim" de Feydeau.

A midi, monsieur Petypon dort toujours, enroulé dans un tapis au pied de son lit. Son ami, Mongicourt, le réveille et s’amuse de le voir atteint du syndrome bien connu sous le nom de… gueule de bois. Alors que l’homme, d’ordinaire bien sous tous rapports, tente de reprendre ses esprits, une voix canaille surgit de son lit : la Môme Crevette s’éveille, vêtue d’une simple "liquette". Bien entendu, il choisit de cacher cette danseuse aux mœurs légères à sa femme, Gabrielle, bigote jusqu’au bout des ongles. S’ensuit une suite de quiproquos hilarants et souvent inattendus dont seul Feydeau a le secret, avec pour point d’orgue le moment où Petypon, engoncé dans ses mensonges, décide de faire passer la Môme Crevette pour sa femme. "Petypon, lui, accumule les idées pourries. Petypon, c’est le seul gars qui emmène une danseuse au rire criard et aux mœurs plus que douteuses à une fête de famille en la faisant passer pour sa moitié et qui croit sincèrement que l’idée est bonne", note Miriam Youssef qui met en scène ce spectacle impressionnant tant par les décors et costumes ingénieux, signés Thibaut de Coster et Charly Kleinermann, que par le jeu impeccable des comédiens.

Trouvailles ingénieuses

Si deux portes, nécessaires à tout vaudeville digne de ce nom, figurent au décor, les scénographes se jouent des perspectives. Des trouvailles ingénieuses et très drôles jalonnent le spectacle, à l’instar des doubles costumes portés, un côté abbé, l’autre duchesse, ou bien le serveur sur patin à roulettes. La reine du spectacle, c’est bien sûr la Môme Crevette et Julie Duroisin endosse ce rôle avec brio. Irrésistible avec sa voix gouailleuse, elle entraîne dans son tourbillon les excellents Stéphane Fenocchi (Petypon), et Nicolas Ossowski (Mongicour). Anne-Pascale Clairembourg, elle, est méconnaissable dans son interprétation illuminée de Gabrielle, sans oublier John Dobrynine, Nicole Oliver… Miriam Youssef a réussi le pari délicat d’offrir un nouveau regard époustouflant à ce Feydeau hors normes tout en en gardant l’âme. Malgré la longueur du spectacle, on ne s’ennuie pas une seconde !


Bruxelles, Théâtre du Parc, jusqu’au 21 décembre et 31 décembre. Durée : env. 2h30 avec entracte. Infos&rés. 02.505.30.30. et www.theatreduparc.be