Après Ath et Lessines,"Les Unes fois d’un soir" prennent d’assaut les rues de Huy. Nouveau départ.

Si vous voyez apparaître un piou-piou conquérant sur la Toile ou sur les murs de la ville, ne vous étonnez pas. Il s’agit juste du retour et surtout du déménagement du festival "Les Une fois d’un soir". L’an dernier, on s’en souvient, l’affiche montrait le piou-piou, ce moineau emblématique pour sa fragilité, menacé d’un caillou tombant du ciel. Signe prémonitoire de troubles à venir. Cette année, l’oiseau pose fièrement sa frêle patte sur un caillou à terre. Le festival des arts de la rue a quitté la ville de Lessines pour s’installer à Huy. Ce 24 septembre, une ère nouvelle s’ouvre à lui. En fanfare grâce au "Show & Marching Band", un vrai "Show à l’américaine" comme le disait Jacques Tati dans "Jour de fête". Ou la fanfare des Chti’s dans toute sa splendeur dû à l’ensemble français La Vaillante qui a multiplié les prestations aux Pays-Bas, en Espagne, en France ou en Italie grâce à un carburant inépuisable, celui de l’amitié. De quoi, en tout cas, animer dignement "Les Une fois d’un soir", ce petit festival qui, mine de rien, s’est taillé une solide réputation.

Au milieu des maraîchers

Né voici vingt-cinq ans, dans la plus grande confidentialité, au beau milieu des maraîchers athois, bien avant la création de la Far (Fédération des arts de la rue), l’événement a ouvert la porte de la subvention du théâtre de rue, un genre à part, qui décoiffe, sort des rangs et bat le pavé à la rencontre du plus grand nombre. D’Ath à Lessines, de Lessines à Huy, de biennal en annuel, l’événement nomade traverse le pays pour prendre ses quartiers dans la petite ville mosane et unir ses forces à celles de Latitude 50, le pôle des arts du cirque et de la rue niché sur les hauteurs, à Grand-Marchin, à quelques encablures à peine de la cité mosane. Une manière comme une autre de répondre au vœu ministériel, de rationaliser en réunissant ses forces et de donner à Latitude 50 une nouvelle visibilité. Que ce lieu d’accueil et de résidence soit lié à l’organisation d’un festival lui permettra en effet de toucher un autre public. "Les Une fois d’un soir" dureront donc en réalité deux soirs puisqu’un apéro créatif est prévu le vendredi 23 à Latitude 50, à l’occasion du lancement du festival et de la saison.

Troisième acteur de l’événement, "Le ventre de la baleine" comme le nom de cette péniche entièrement rénovée par la Cie des Quatre Saisons qui en a fait un théâtre fluvial, un écrin de charme surtout qui accueillera des créations… en gestation. En tout, de l’événementiel "Voyage en bordure du bord du bout du monde" des trois points de suspension, compagnie renommée au cœur d’un focus, aux "Ogres" bien gore de Thank you for coming, interdit aux moins de dix ans, ce sont une vingtaine de spectacles qui prennent la ville, la grand-place et la citadelle d’assaut. " Nous sommes des organisateurs de désordre, nous dit Luc De Groeve, le fondateur du festival. Nous sommes là pour perturber la ville, pour que les gens s’interrogent sur leur environnement, se réapproprient la cité. Tous les spectacles sont gratuits. Nous nous sommes toujours battus pour la gratuité. C’est l’essence du festival, en réalité, il s’agit d’argent public redistribué. Certes le public de Lessines m’intéressait car il y avait une population attachante difficile à aborder. Notre événement avait beaucoup de sens en termes de rapport à la population mais cela s’est mal terminé avec les pouvoirs politiques et par définition, un festival des arts de la rue est lié aux édiles. Le public hutois est plus bourgeois même si la Meuse constitue une fracture sociale. L’enjeu de ce festival sera de drainer un large public." Lequel, grâce à ce festival sulfureux, sera parfois invité à se balader, GSM en main, au cours d’un spectacle déambulatoire qui lui fera découvrir des coins de Huy oubliés à la recherche du paradis. A suivre également "Le chant des Pavillons" avant de se laisser aborder par "Tact’ils" ou découvrir qui tuer en compagnie des "Ogres".

Huy, le 24 septembre. Infos : www.1X1soir.be


3 Points de Suspension

S’il est une compagnie à pointer, c’est sans doute Les 3 Points de Suspension, présente pour la première fois en Belgique. Ce qui la caractérise ? Son audace, son authenticité, ses rêves d’enfants que n’arrêtent ni la réalité ni les contraintes. Il en résulte une vraie folie à laquelle le festival consacre un focus avec, entre autres, "Voyage en bordure du bord du bout du monde". Un ovni, nous dit-on, inspiré des films d’épouvante des années 50 et du théâtre forain, épopée cosmique retraçant la terrible histoire du philosophe sans corps Sophoclès. Par ailleurs, "Looking for Paradise" baladera le public pour une "initiation neurologique sous forme de chasse au trésor". Avec pour toute boussole, un téléphone portable ! Rendez-vous sera donc donné au Point Info du festival, Place Verte, durant la demi-heure qui précède l’heure du spectacle. Les 80 premiers aventuriers recevront leur ticket pour le paradis.


Maître Fendard

Maître Fendard est un avocat spécialisé dans les affaires à caractère iconoclaste et surréaliste. Accompagné de Ménardeau, son fidèle greffier musicien, il nous narre et chante son plus beau procès : l’affaire du château de sable ! Cet inimitable hâbleur poétique qu’est Fred Tousch a trouvé dans le rôle de cet avocat loufoque et complètement déjanté un rôle à sa démesure. Inventant des mots, usant de malhonnêteté assumée, de chansons, de digressions absurdes, de second degré et d’énormément d’humour, il saura conquérir son public et le gagner à sa cause.

A moins que celui-ci préfère suivre les exploits de notre champion Bom Toonen de la compagnie belge Pikz Palace. Ce célèbre coureur montera avec souplesse dans la foule et est, paraît-il, toujours prêt pour un selfie, une dédicace ou une bière. Cette fois, c’est sûr, il s’attaque au mur de Huy.


Le Grand SexTacle

Comme son nom l’indique, "Le Grand SexTacle" de la Cie Théâtre et Réconciliation parle de sexe sérieusement. Cabaret burlesque arrosé de gouaille, il abordera, sous forme de chansons, la délicate question du sexe et du handicap. Une représentation d’une heure dix à Saint-Mangold, à 18h30, déconseillée aux moins de dix ans. En piste, huit comédiens, des beaux, des laids, des jeunes, des vieux, des blancs, des noirs, des Flamands, des Wallons, des Bruxellois, des gays, des qui s’ignorent, des gentils, des méchants, des qui travaillent, des qui ne travaillent pas, des bonnes sœurs, des soubrettes, des travestis, des stripteaseuses, des prudes, des hystériques, des cowboys de saloon, des clowns ratés, des bouchers, des victimes, des sados, des masos… Mais que vont-ils nous faire dans cette cour des miracles érotiques ? Chanter et danser les douces louanges et les rudes travers d’une société à la fois érotisée et chaste. Tout un programme.