Nous souhaitons à chacun d’entre vous d’avoir un motif d’indignation. C’est précieux." Les mots de Stéphane Hessel servent d’exergue à la nouvelle création des Galeries. Qui rassemble une nominée et un lauréat des Prix de la critique 2011-2012. Wendy Piette - qui figurait dans la catégorie meilleur espoir féminin - tient le rôle-titre du spectacle dont Ronald Beurms signe le décor et les costumes (lui qui fut primé pour la scénographie du "Tour du monde en 80 jours", au Parc, la saison dernière).

L’"Antigone" que Jean Anouilh écrivit en 1942, et qui fut créée en 1944, en pleine occupation allemande, échappa à la censure parce qu’elle passait pour une adaptation de Sophocle. Cependant, la pièce est ambiguë : sa figure centrale, femme moderne, s’émancipe du mythe, livre un message de résistance qui fait écho au monde d’aujourd’hui, et défend les lois tacites du devoir moral. Face au nouveau roi de Thèbes Créon (Bernard Sens), Antigone symbolise la force du non. "Elle possède un sentiment d’absolu, de pureté, elle s’oppose aux compromis" , note Fabrice Gardin. Sa mise en scène rassemble aussi, entre autres, Nicolas d’Oultremont (Hémon), Manon Hanseeuw (Ismène) Louise Rocco (la nourrice), Benoît Verhaert (le Chœur).

Antigone, poursuit-il, "est une jeune fille en colère, écorchée vive, ce n’est pas un oiseau pour le chat comme le croit Créon, mais bien un oiseau blessé, un oiseau sauvage, toujours prêt à s’échapper, c’est un être obstiné, c’est la voix du courage, elle n’est pas agitée, elle est convaincue. [ ] Antigone ne fait aucune concession. Elle est vraie, on croit en elle".

Bruxelles, Théâtre royal des Galeries, du 24 octobre au 18 novembre, à 20h15 (dimanche à 15h). Infos & rés. : 02.512.04.07, www.trg.be