Cet été, découvrons des lieux de spectacles qui avaient une autre affectation

Sept ans s’écoulent entre la naissance du Théâtre de la Balsamine – asbl fondée par Martine Wijckaert en 1974 et qui lui permet d’obtenir le soutien des pouvoirs publics pour les spectacles qu’elle crée, en nomade, dans des sites urbains à l’abandon – et son installation "provisoirement définitive", en 1981, dans la friche des anciennes casernes Dailly, à Schaerbeek.

Abandonnées depuis plusieurs années, celles-ci forment un imposant périmètre bâti à la fin du XIXe siècle, cernant un parc intérieur redevenu sauvage. "Le site a toutes les vertus d’une cité de la fiction et cette qualité invite le théâtre à s’y installer", note l’actrice, autrice et metteuse en scène qui poursuit, dans ces espaces bruts, son travail personnel, tout en accueillant des artistes d’horizons divers (théâtre, art plastique, musique).

Progressivement, l’activité se centralise dans ce qu’on appellera vite l’amphithéâtre, voire l’amphi : un ancien auditorium militaire, structuré en hémicycle.

L'esprit du lieu

L’absolu recyclage gouvernera les tout premiers aménagements : le matériel encore valable est démonté dans d’autres ailes de la caserne pour rejoindre l’amphi en transformation. De cette salle "primitive" – dont Martine Wijckaert confie la direction artistique, en 1994, à Christian Machiels –, dévolue aux arts du spectacle et aux jeunes compagnies de théâtre et de danse contemporaine, l’esprit est conservé dans la transformation de la Balsamine, en 2001.

Le théâtre actuel, dans un écrin contemporain conçu par l’architecte Francis Metzger, comprend de vastes espaces communs, des bureaux, un studio, tandis que la salle principale, avec son ample plateau et son gradin en arc de cercle, n’a jamais oblitéré l’amphi d’autrefois.

"La Balsamine est un lieu d’amour et de renaissance perpétuelle", écrivent Fabien Dehasseler et Monica Gomes, dans l’édito de leur première saison (2011-2012). "Elle fut investie et réinventée, en permanence, dans sa brutalité." Les jeunes directeurs, nommés en tandem à la succession de Christian Machiels, rappellent les mutations que connurent ces murs, "passant aussi de la fonction d’écurie à celle d’auditoire de cours" et embrassent son histoire. Car, on l’a dit, "un jour, une femme entra dans cette friche improbable".

Pour faire de ce lieu – que pilote désormais en solo, bien qu’en équipe, Monica Gomes Teixeira – celui de vaillants défrichages, toujours à l’œuvre aujourd’hui. L’une de ces scènes où prévalent obstinément l’audace, la nouveauté, l’exploration.

  • La Balsamine, 1 avenue Félix Marchal, 1030 Bruxelles – 02.735.64.68 - www.balsamine.be