La nouvelle directrice de Charleroi Danses a découvert le projet "To Da Bone" dans une version courte présentée à Paris au Concours Danse élargie. "J’ai immédiatement proposé au groupe une résidence à Charleroi."

Ce choix, dit-elle, "correspond à une réflexion que j’ai actuellement sur la danse. La contamination de la danse aujourd’hui par des réseaux qui ne sont pas habituels, traditionnels, de maître à élève, m’a semblé là être mise en application d’une manière plus qu’intelligente. Et ça provoque de l’énergie. En général, dans ce type de démarche, à mesure de l’élargissement du réseau, on assiste à une espèce de déperdition d’énergie, et on arrive à des projets qui sont finalement un peu filandreux, qui perdent leur substance. Or là justement c’était plutôt l’inverse : cette participation au réseau produisait une énergie à l’état pur que ne produit plus beaucoup la danse aujourd’hui."

Fervente partisane de la recherche, Annie Bozzini y voit "une histoire : c’est organiser des récits, trouver des moyens d’expression de tous ces récits qui finalement font défaut à l’histoire de la danse. Les choses se fabriquent en permanence, elles ne correspondent pas à ce qu’on a connu, mais elles méritent plus que de l’attention."

Sortir de sa propre culture est l’un des points forts que propose La Horde avec son spectacle. "Tout ce qui s’écarte des académismes m’intéresse, affirme Annie Bozzini. Pour les gens de ma génération, considérer que le seul repère historique c’est la danse académique est fondamentalement une erreur. La responsabilité historique du ballet aujourd’hui ne me semble plus fondamentalement légitime. Il y a d’autres formes de légitimité qu’il faut montrer, expliciter au public - en trouvant la bonne façon d’en parler - et auxquelles donner de la résonance."