La pièce mythique d'Anne Teresa De Keersmaeker revient, 34 ans après sa création, avec 4 jeunes danseuses. Magie intacte.

« Rosas danst rosas », la pièce mythique et fondatrice d’Anne Teresa De Keersmaeker créée à la Balsamine en 1983, revient sur scène au Kaaitheater, 34 ans plus tard, avec une toute nouvelle distribution. C’est la quatrième fois déjà que la pièce est ainsi recréée avec de nouvelles danseuses (en vidéo ci-dessous, des extraits de la version de 2010), tout en gardant intacte sa magie, son énergie incroyable, sa sensualité formidable.

Le spectacle avait été crée en 1983 et dansé alors par Anne Teresa De Keersmaeker, Michèle Anne De Mey, Fumyo Ikeda et Adriana Borriello. Les quatre danseuses qui la jouent aujourd’hui n’étaient pas nées à la la création. Elles s’appellent Laura Maria Poletti, Laura Bachman, Soa Ratsifandrihana et Yuika Hashimoto. Le nouveau « Rosas danst rosas » ira ensuite, en juillet, au festival Zomer van Antwerp avant d’entamer une tournée internationale.


On reste frappé par sa radicalité, la musique répétitive et néanmoins peine d’émotions, la sensualité des gestes du quotidien que font les danseuses à l’unisson ou, au contraire, le cassant.

En 1982, « Fase » d’ATDK sur une musique répétitive de Steve Reich fut une révélation. Un an plus tard, la toute jeune chorégraphe est invitée par Hugo De Greef, au Kaaifestival et crée ce « Rosas danst rosas » qui donnera son nom à la compagnie. La musique est créée par Thierry De Mey et Peter Vermeersch dans la foulée de Steve Reich. 

De la rigueur à l'épuisement

La première partie (40 minutes) se déroule sans autre musique que le souffle et le frottement contre le sol. Des structures rigoureuses, abstraites, mathématiques mais avec une intensité physique poussée parfois à l’extrême. Avec des gestes presque expressionnistes et émotionnels et d’autres, ancrés dans le quotidien comme remettre une blouse, se passer la main dans les cheveux ou remettre une chaise. Comme si les corps se jetaient à cœur perdu contre une structure rigide. C’est de ce clash que peut naître une émotion.

© Herman Sorgeloos

Le spectacle est construit comme le déroulement d’une journée, commençant par le silence, la lenteur et l’horizontalité. Le deuxième mouvement, avec les chaises, a une musique presque agressive et des solos basés sur des gestes quotidiens. Une troisième partie avec des mouvements simples et répétitifs transforme la chorégraphie en une bataille d’épuisement avant que la dernière partie récapitule en silence les étapes du spectacle.


  • Bruxelles, Kaaitheater, jusqu'au 29 juin (liste d'attente). Infos: 02.201.59.59, www.kaaitheater.be 
  • Et à partir du 1er juillet pour 20 représentations au Zomer van Antwerpen. Infos: www.zva.be