Mini et pourtant international, festival et marionnettes, Genappe et avant-garde… Tout est là. Ou presque. Dans le flux continu de l’actu, une annonce comme celle d’un mini-festival de marionnettes à Genappe pourrait, malgré son label international, aisément passer à la trappe. C’est ignorer combien la marionnette et le théâtre d’objet s’inscrivent dans les spectacles de pointe, combien le Tof Théâtre, organisateur du festival, sait y faire et combien les habitants sont de plus en plus fiers d’être des Chenapans.

Alors, Genappe, la commune qui monte ? Une commune hybride en tout cas, où des liens se tissent grâce à quelques initiatives telles ce festival déjanté qui célèbre sa 2e édition, qui étoffe le marché de Noël brabançon, qui réveille les âmes bénévoles et sort de l’ordinaire. Avec sept compagnies belges, catalanes et françaises, des spectacles insolites, les Bénévoles, marionnettes du Tof qui ressortent du placard. En 1996 et 1998 déjà, le Tof Théâtre (fondé en 1987 par Alain Moreau) avait monté Des pieds et des mains, un festival un peu semblable, plus important même, qui avait drainé plus de 5000 personnes.

Village de la marionnette

La compagnie avait abandonné face au travail que représentait cette organisation mais, toujours titillé par la nécessité de renverser la vapeur de notre société, le Tof est revenu à la charge. Tout en élaborant son précieux projet de Monty, du nom de cet ancien cinéma dans la rue principale.

L’idée, durable et renouvelable, n’est autre que de créer une coopérative culturelle avec tout ce que cela sous-entend : une salle de spectacles, d’autres de répétition, un espace de coworking, une cantine bio, etc. Le tout, dans le but et l’espoir de transformer Genappe en village de la marionnette comme Redu l’est pour le livre ou Marchin pour le cirque contemporain. Et le mini-festival que voici s’inscrit dans cet esprit.

En espérant que l’an prochain, le Monty puisse l’accueillir.

Le monde qui tourne fou

"Le Tof a toujours investi dans la vie de Genappe. Quand on a vu qu’il y avait le marché de Noël, on trouvait chouette de l’agrémenter de courts spectacles qui se joueraient sous chapiteau et dans la rue. L’an dernier, on a réuni un millier de spectateurs. L’engouement est de nouveau là. Les gens réservent. Tous les bénévoles présents en 2014 reviennent. Certains d’entre eux accueillent les compagnies étrangères. C’est un travail d’équipe qui réunit toutes les forces vives. Cette année, on peut même payer un cachet décent aux compagnies. Et maintenir le prix des places à 2 euros", se réjouit Alain Moreau. Il s’agit de petites formes, des spectacles de 10, 20 ou 30 minutes, parfois pour un ou deux spectateurs seulement et que les gens peuvent aller voir entre deux dégustations de vin chaud ou de gaufre artisanale, pour mieux perdre la boule, flâner, s’émerveiller, s’ouvrir l’esprit dans ce monde qui tourne fou.

---> Genappe, les 19 et 20 décembre. Infos & rés. : reservation@ccgenappe.be 067.77.16.27 ou 0476.81.15.93.


Au programme

"En Groc". Un petit moment suspendu grâce à la compagnie espagnole Txo Titelles (notre photo). D’étonnantes marionnettes à doigts pour conter en douceur le rêve troublant de Groc qui reprend la routine et vivra d’étonnantes situations. "Une merveille de sensibilité", annonce Alain Moreau.

"3 petits cochons" du Théâtre Magnétic. Du théâtre d’objets bien décalé, un conte désossé, à ne pas manquer apparemment.

"Post-Scriptum" par le Théâtre du Sursaut. Bien burlesque et déjanté également avec une Hélène Pirenne en grande forme. La comédienne est rarement en Belgique. Une chance de l’avoir au festival pour nous conter ce Petit Chaperon rouge vachement revisité, lui aussi.

"Cartes sur table". Du tarot théâtralisé, du tirage en théâtre d’ombres, pour un ou deux spectateurs. Grand écart promis entre histoire personnelle et cycle universel.