Aux Rencontres théâtre jeune public, à Huy, Les Royales Marionettes s’emparent de la légende séculaire des 4 Fils Aymon. Une vision qui décape

Depuis qu’elles sont Royales, les Marionnettes, ne craignent aucun défi, pas même celui de raconter la légende séculaire des 4 fils Aymon aux enfants dès neuf ans, avec la verve propre au boniment, et le sérieux dû à la transmission d’un patrimoine, celui des Ardennes profondes, où tout est vert et où l’on s’ennuie, déclarera Charlemagne avec le dédain qu’on lui connaît.

Récit à deux niveaux, qui privilégie la vision du père des quatre fils, le Duc Aymon, et glisse quelques allusions aux rivalités père-fils des deux marionnettistes, Didier Balsaux et Antoine Renard, «Les 4 fils Aymon» pose également, dans cette mise en scène aux accents écolo-politiques de Jean Lambert, de réelles questions face à la tyrannie, l’exploitation et le capitalisme.

Divisé entre son rôle de père et son honneur face à l’Empereur, le Duc enjoint ses fils de se soumettre à Charlemagne, mais ceux-ci, poussés dans le dos par le vent de la révolte face au régime que l’Empereur leur impose, ne le voient pas de cet œil-là, et vont donner du fil à retordre à l’armée entière qui les poursuit. Invincibles grâce à leur célèbre Cheval Bayard, les quatre fils tirent leur épée du jeu dans une scène finale digne d’un peplum.

Avec sa narration serrée, aérée par le second degré et quelques anachronismes bienvenus, tel ce comédien casqué en gilet pare-balles au milieu des marionnettes à tige en cottes de maille et autres habits traditionnels, «Les 4 fils Aymon» démontre l’actualité des légendes, pour peu qu’on prenne le temps de les relire attentivement. Et livre, en outre, un réel message d’espoir à la jeunesse. Les tyrans en tous genres n’ont qu’à bien se tenir.