Il en fallait du cran pour endosser une telle mission. Et rien que pour cela, nous saluons l’audace du jeune metteur en scène Toussaint Colombani, qui a accepté, à la demande du directeur du Théâtre des Galeries David Michels, de monter l’adaptation théâtrale de la romance Sur la route de Madison.

Un défi de taille quand on sait que le roman de Robert James Waller, The Bridges of Madison County (1992), s’est écoulé à près de 60 millions d’exemplaires et qu’il a été magistralement porté sur grand écran en 1995 par, et avec, Clint Eastwood, face à Meryl Streep. En 2007, les Français Didier Caron et Dominique Deschamps en ont imaginé l’adaptation théâtrale, avec Alain Delon et Mireille Darc, mis en scène par Anne Bourgeois. C’est sur cette base qu’a travaillé Toussaint Colombani pour Les Galeries.

L’histoire en elle-même est simple. Nous sommes à l’été 1965 dans l’Iowa. Alors que son mari et leurs deux enfants sont partis à une foire agricole, Francesca Johnson, la quarantaine avancée, fermière à la vie ronronnante, se retrouve seule pendant quatre jours. Elle va alors croiser la route de Robert Kincaid, photographe baroudeur pour le National Geographic qui réalise un reportage sur les ponts couverts du Comté de Madison. La rencontre d’une vie. Mais qui ne durera que quatre jours.

Magnifiques décors

En remaniant quelque peu la version française, Toussaint Colombani a fait le bon choix. Influencé par le film, il a notamment choisi de faire intervenir le mari de Francesca, Richard Johnson (Angelo dello Spedale Catalano), et opté pour plusieurs décors (la cuisine, la véranda, la chambre, le pont, et une station-service) – magnifiques !, réalisés par Ronald Beurms –, ce qui apporte du rythme dans la pièce. Car, si comparaison n’est pas raison, impossible d’oublier le couple Clint Eastwood-Meryl Streep tant il y a de l’intensité passionnelle, fusionnelle entre eux, magnifiée par leur charisme, leur pudeur, leur maturité, dans les non-dits, les gestes hésitants et les moments suspendus. Et si cette histoire d’amour avance à petits pas, elle construit sa rythmique dans la puissance des sentiments que nouent Francesca et Robert. Mais, mercredi, soir de première, on avait peine à sentir l’alchimie se créer entre les deux amants, interprétés par Natacha Amal et Steve Driesen, quelque peu empêtrés dans des scènes lentes d’où ne parvenaient pas à éclore les émotions d’un amour exceptionnel.

Bruxelles, Théâtre des Galeries, jusqu’au 1er mars. Infos et rés. au 02.512.04.07 ou sur www.trg.be