Mise à jour 

Le 17 juillet 2020, le metteur en scène et ancien directeur des Tanneurs a adressé à La Libre un courriel qu’il place « dans un contexte de rectification et de réhabilitation ». David Strosberg y expose que, suite à sa plainte déposée contre le théâtre qui l’a licencié, « le tribunal du travail de Bruxelles a jugé au 26 novembre 2019 que les raisons invoquées par le Théâtre les Tanneurs, à savoir harcèlement moral et communication déplacée, n’étaient point fondées ».

Dans la lettre accompagnant cette rectification, celui qui dirigea l’institution bruxelloise de 2009 à 2017 écrit notamment : « La traversée du désert m’a apporté le calme et le recul nécessaire pour me rendre compte du mal que j’ai pu faire et de le regretter. »

Les instances dirigeantes ont résolu de se séparer de David Strosberg, à qui sont reprochés des faits de harcèlement.

Révélée le 18 novembre par nos confrères du "Soir", l’affaire de harcèlement au Théâtre les Tanneurs a fait grand bruit dans les médias et le milieu théâtral. Quelque 150 artistes, citoyens et personnes travaillant dans le monde culturel ont, dans la foulée, adressé à la ministre Alda Greoli une lettre ouverte : "Nous nous alarmons de constater que des faits graves et répétés soient traités par les membres d’un conseil d’administration de manière si peu conséquente", y lit-on notamment.

Les faits reprochés à David Strosberg s’étalent entre 2009 et 2014 et concernent en particulier quatre jeunes femmes : une de ses anciennes étudiantes à l’Insas, une metteuse en scène présentant un spectacle au Théâtre des Doms à Avignon, et deux employées contraintes de quitter les Tanneurs, ceci alors que le CA était resté sourd à leurs demandes d’être entendues.

Christian Jade (journaliste retraité de la RTBF et ex-membre du CA dont il assura la vice-présidence) retrace l’affaire dans un long article public sur Facebook. Y est mis en cause Yvan Mayeur, alors président du conseil d’administration, ayant « à tout le moins » minimisé les agissements imputés à M. Strosberg. À savoir : humiliations, colères, remarques déplacées, e-mails et textos à toute heure, intimidation, harcèlement.

Rupture de confiance

Réuni vendredi dernier, le conseil d’administration du Théâtre les Tanneurs - "institution soucieuse de son public et du bien-être de son personnel" - a reçu d’une part le directeur et son avocat, de l’autre une délégation du personnel. Après quoi il a pris "des décisions nécessaires et difficiles, afin de préserver au mieux ses intérêts et son avenir" , selon les termes d’un communiqué envoyé ce lundi. Invoquant "la rupture de confiance et l’impossibilité de faire fonctionner le théâtre dans ces conditions", le conseil d’administration a décidé de se séparer de David Strosberg en sa qualité de directeur artistique et général du Théâtre les Tanneurs. Ayant chargé un avocat de préserver les intérêts du théâtre, le CA et l’assemblée générale ont par ailleurs désigné Grégory Bueken, directeur administratif et financier, pour assurer la direction générale ad interim. De prochaines réunions auront lieu "pour prendre les décisions relatives à l’avenir" du théâtre bruxellois.

Ces informations ont été communiquées à Mme Greoli qui avait suspendu la signature du nouveau contrat-programme des Tanneurs dans l’attente d’une clarification de la situation.