Comme on le craignait, le Kunstenfestivaldesarts 2020, la 25e édition du Festival, est officiellement annulée. Mais les organisateurs on tenu à le faire en concertation avec tous les artistes invités et se disent déterminés à les soutenir par des contributions de coproduction et des indemnités d’annulation.

La belle programmation prévue est encore à lire sur le site kfda.be avec Alice Ripoli, Anne Imhof, Kornel Mundruczo, Radouan Mriziga, Nacera Belaza, Romeo Castellucci, Sarah Vanhee, Wang Bing, Encyclopédie de la parole, Marlène Monteiro Freitas, Bouchra Ouizgen, Maria Hassabi, Lea Drouet, etc. De quoi donner bien des regrets mais on espère maintenant pouvoir voir plus tard, les créations. Malgré tout.

« Nous sommes déterminés à soutenir les artistes et collaborateurs du festival par des contributions de coproduction et des indemnités d’annulation », précise le festival qui a pris soin avant d’annoncer l’annulation de prendre contact avec tous ces artistes, venus des quatre coins du monde.

L’annulation va laisser de lourdes charges financières, le budget 2020 ayant été très largement entamé. En espérant que les pouvoirs subsidiants aideront, le Festival fait aussi appel au soutien de tous en mettant en vente des Tickets fantômes (10:20 €) et des Pass Fantômes, sur son site. « Nous avons besoin de ce soutien financier, car beaucoup de frais ont déjà été engagés dans la préparation du festival, et nous ne pourrons pas compter sur les revenus des tickets ni sur plusieurs de nos subventions ponctuelles. »

Lettre ouverte

La direction du festival a publié, (à lire en totalité sur son site), une lettre ouverte à cette occasion dont voici des extraits: "Il est important de s'interroger sur le rôle d'une institution dans cette période sans précédent. Notre mission a toujours été de soutenir la création artistique et malgré les circonstances difficiles, nous voulons rester fidèles à ce credo. (…) Dans la complexité du présent, il est crucial de soutenir les artistes tant dans les circonstances actuelles que dans le futur. »

« Le festival est né il y a 25 ans avec la volonté d'aller au-delà des communautés, de rassembler le public dans les mêmes lieux : une salle de théâtre, un lieu abandonné, un espace public. Un festival est un des espaces où nous pouvons élargir l'image que chacun d'entre nous a de la ville dans laquelle il vit, ou où nous rencontrons d'autres personnes sans l'avoir planifié. Un festival est un lieu de rassemblement, un lieu de rencontre avec l'imprévu, un espace que l'on espère revoir vire prochainement. »

« Tout en étant profondément ancré dans un engagement local à Bruxelles, le Kunstenfestivaldesarts a toujours transcendé la prétendue opposition entre l'international et le local. Cependant, un festival international est lié à la mobilité internationale, ce qui est impossible pour l'instant et incertain dans un avenir proche. Nous voulons souligner l'importance d'un festival international dans la période que nous vivons. Nous pouvons observer comment cette situation d'urgence est facilement instrumentalisée par les gouvernements et les dirigeants politiques, et relève d’un esprit d'isolationnisme, de nationalisme, à travers l'Europe et d'autres parties du monde. Face à cela, le rôle d'un festival international est - et le sera encore davantage - de préserver les échanges internationaux et la diversité des expressions artistiques ; d'apporter dans notre ville une pluralité de visions de différentes régions du monde, et de nous aider à naviguer dans sa complexité. »

« La semaine dernière, nous étions en conversation vidéo avec Akira Takayama, l'un des artistes programmé cette année. Il a mentionné comment certaines personnes au Japon se sentent actuellement dans un état similaire à celui qu'elles ont éprouvé après Fukushima : l'inquiétude pour le présent se mêle au désir de chercher de nouvelles stratégies, et à celui de renforcer le rôle irremplaçable de la création artistique en proposant des visions et en soulevant des questions sur la société que nous désirons. Face à la nécessité et au risque de restreindre notre vision à l'essentiel, la création artistique maintient notre imagination ouverte pour écrire d'autres futurs possibles, encore plus aujourd’hui et demain. »

« En avril 2011, un mois après Fukushima, le critique de théâtre Kôjin Nishidô écrivait ceci :’Nous avons d'autant plus besoin du théâtre en temps de crise. Le théâtre est un mode d'expression qui fait face à la mort. (…). Ainsi, la seule chose que les personnes engagées dans le théâtre peuvent faire est de profiter de cette occasion pour s'interroger et explorer le pouvoir du théâtre. »