Quelques nouvelles têtes épatantes pour "Les Trois Glorieuses".

Malgré les péripéties politico-financières de ces derniers mois qui ont privé le Magic Land Théâtre d’une grosse partie de ses subsides, et qui l’ont obligé à se séparer de quelques collaborateurs précieux, Patrick Chaboud n’a pas baissé les bras et, après les glorieuses soirées cabaret du mois de septembre qui firent salle comble au Théâtre Saint-Michel et qui l’ont assuré de pouvoir boucler la saison 2018-2019, le metteur en scène s’est attelé à une nouvelle création.

Cette fois, il nous emmène dans une période moins connue du public belge. Si celui-ci connaît - en principe - la révolution belge de 1830 qui conduira à l’indépendance de notre pays, il maîtrise sans doute moins la révolution de Juillet qui fit tomber le roi de France Charles X, et amena sur le trône Louis-Philippe d’Orléans, en tant que roi des Français. Ces trois journées (27, 28, 29 juillet 1830) au cours desquels le peuple de Paris se souleva sont restées dans l’Histoire de France comme étant Les Trois Glorieuses.

L’univers du "Père Goriot"

Ce sujet est donc l’occasion pour Patrick Chaboud de faire se croiser gens du peuple, aventuriers, anciens bagnards, grands bourgeois et aristocrates. Il y a les désargentés et ceux qui le deviendront vite. Les deux scènes permettent de passer d’un univers à l’autre : d’une misérable pension de famille renvoyant au Père Goriot de Balzac aux salons d’un aristocrate favorable à Charles X. Dehors, le peuple dresse les barricades.

Autre recette qui fonctionne chez Chaboud, ce sont les jeux de mot mêlés aux anachronismes. On rit donc beaucoup mais on sent quand même que le Magic Land a dû être attentif aux dépenses. Les décors sont plus épurés que d’habitude.

Il n’empêche, les comédiens, dont quelques jeunes talents comme Barnabé De Keyser, Yasmine El Mkhoust ou Stefania Greco, sont excellents aux côtés des fidèles serviteurs du Magic Land que sont Philippe Drecq, Sophie D’Hondt, Thomas Linckx, David Notebaert et Stéphane Stubbé.

Les gags, les chansons et les sketchs s’enchaînent joliment mais on a le sentiment que le fil conducteur et le contexte du spectacle ont été repris de précédentes productions (Nuit torride à l’Hospice ou Mélopolis surtout), l’époque étant différente.

Le final, magnifique - une reproduction vivante de la célèbre toile d’Eugène Delacroix La Liberté guidant le peuple - fait vite oublier quelques faiblesses. On a beaucoup ri, et c’est bien là l’essentiel !

"Les Trois Glorieuses", Magic Land Théâtre, rue d’Hoogvorst 8-14 à 1030 Bruxelles. Du mardi au samedi jusqu’au 22 décembre puis les 27, 28 et 29 décembre. Réservation : 02/245.50.64 ou www.magicland-theatre.com.