Réflexion et réinvention vont bon train dans la stratégie des théâtre pour faire face aux impasses imposées par la gestion de la pandémie.

Après ses spectacles en VOD, avant la saison 2021-2022 d'ores et déjà annoncée, et en attendant comme ses pairs la réouverture de ses trois salles, le Public en peaufine une quatrième. En plein air, celle-là, et baptisée “Retrouvailles”, elle a été aménagée par la jeune scénographe Camille Tota sur un espace de parking intégré aux bâtiments de la rue Braemt, à Saint-Josse. Le tout avec l'aval du bourgmestre.

Un plateau, des plantes, des tables et des chaises à la façon d’un cabaret, et un auvent pour éviter fortes chaleurs et fines pluies. “On profite de cette période pour inventer”, souligne Patricia Ide, codirectrice du Public, détaillant le menu de ces Retrouvailles. “Une scène ouverte aux artistes empêchés de jouer depuis un an.” Parmi leurs propositions – de 20 à 50 minutes – qui se succéderont sur cette scène à ciel ouvert, “beaucoup d'envies musicales, dont des concerts”, relève notre interlocutrice, citant Valérie Lemaître, Bénédicte Chabot, Claude Semal, ou encore un programme consacré à Anne Sylvestre, mais aussi François-Michel van der Rest avec Toutes les choses géniales, spectacle que l'auteur et comédien jouait il y a peu au Luxembourg où, rappelons-le, les théâtres ont rouvert dès janvier.

Mai, juin, et plus si affinités

Côté théâtre, le Public mise depuis janvier sur les “artistes de garde” qui, en vue des Retrouvailles, ont repris leurs répétitions. Des monologues essentiellement, avec Edwige Baily, Itsik Elbaz, Chloé Struvay, Janine Godinas, ou encore un spectacle Prévert concocté par Nicolas Buysse. Par ailleurs plusieurs plages de ce nouvel espace seront programmées en concertation avec la commune de Saint-Josse afin d’accueillir tant ses artistes que ses habitants et voisins du théâtre.

Pensées comme un "endroit de rendez-vous", ces Retrouvailles devraient avoir lieu dès début mai et se poursuivre en juin. Avec prolongations en vue tout l'été "si ça prend", avance Patricia Ide. Sans volonté donc de passer en force. "On s'astreint aux décisions du Codeco. On va passer par où on peut." En l'occurrence en tenant strictement compte des restrictions de fréquentation, des distances et de tous les dispositifs sanitaires en vigueur. En l'état actuel, l'espace est prévu pour accueillir 50 personnes avec, grâce aux différentes entrées possibles, un flux organisé du public.

"Nous mettons tout en œuvre pour accueillir des gens qui, probablement, ne pourront guère voyager cet été, et ont pourtant grand besoin d'évasion et de rassemblement. On agit non pas contre les mesures, mais malgré la situation, afin de contrebalancer les effets du confinement sur la population", précise encore la codirectrice du Public. 

© Gaétan Bergez