Cette année, le 21ème Mondial d’improvisation amateur se tenait en Belgique pour le plus grand plaisir du public venu très nombreux. Avec ses 4 matchs remportés contre les équipes venues de Suisse, France, Italie et Québec, la Belgique partait favorite ce samedi soir à Bruxelles dans un Théâtre St-Michel envahit par 1.200 spectateurs.

Alban Schuiten (architecte), Amandine Vandormael (directrice dans une Maison de l’Emploi), Christophe "Tof" Depaepe (employé dans un service financier), Marie Vancutsem (journaliste radio) et Vincent Buron (Secrétaire général dans une organisation de jeunesse) représentaient - avec talent - la Belgique lors de ce Mondial amateur. Afin de se consacrer pleinement à cet évènement, ils ont pris congé de leurs activités professionnelles respectives lors des 10 jours de compétition. Notre coup de cœur va en particulier aux performances physiques d’Alban et au dynamisme infatigable d’Amandine sur scène.

Avant d’atteindre la finale, l'équipe belge est parvenue à battre tous ses adversaires. Vu que ce sont les spectateurs qui votent, peut-on les accuser de privilégier nos compatriotes ? "Au contraire !" nous garantissent de nombreux habitués de cette discipline.  Hélène Daniels, coach des Belges, va dans le même sens : "Certes, notre équipe a l’avantage de connaître la sensibilité du public belge, il sait ce qu’il aime et attend. Cela dit, nos improvisateurs doivent jouer avec beaucoup plus de pressions lorsqu’ils affrontent leurs proches présents dans la salle et leur public. Je pense surtout que j’ai une très très belle équipe à qui je ne dois pas apprendre l’impro. En réalité, je suis un peu leur maman pendant 10 jours. Je me charge de tout pour eux…".

Les Québecois séduisent davantage les Européens

Pour les Européens, le Québec est traditionnellement une équipe redoutable à affronter. Pas seulement pour les performances de ses membres, mais aussi et surtout pour cet humour tout particulier aux références davantage américaines qu’européennes et aux expressions plus inhabituelles qu’hilarantes. Là où les Québécois recherchent la blague et le sketch qui fait mouche, les Belges improvisent davantage des scènes de vaudeville.

Après un match à rebondissements et un score final serré de 6-7, c’est le Québec – d’où est originaire l’impro - qui repart avec le trophé largement mérité pour cette remarquable équipe coachée par Julien Lacroix. Ce jeune de 20 ans n’a pas hésité à arracher sa chemise blanche en saluant le public. Pour ce 'baby-coach', qui fait également de l’impro, le Mondial représente cependant une frustration personnelle, car il ne peut pas intervenir dans les matchs : "C’est vraiment frustrant ! Je suis parfois très jaloux de mes coéquipiers, j’ai souvent envie de monter sur scène pour donner une réplique ou participer au match."

Pour ceux qui ne connaissent aucunement l’impro amateur, sachez que les sujets (ex. ‘La déchirure’, ‘On peut tout se dire’,…) ne sont en aucun cas dévoilés à l’avance aux participants, la durée d’un match et les catégories (libre, sans parole, en décor,…) sont annoncées quelques secondes avant le jeu par l'incontournable maître de jeu Laurence. Notons que cette dernière n’hésite pas à intervenir auprès des participants qui s’égarent dans des propos ou gestes peu compatibles avec un public disons... ‘familial’. Avouons-le, ses interventions rendent les joutes encore plus drôles…

Dans les couloirs, une question refait régulièrement surface: 'Les équipes ne préparent-elles vraiment aucun dialogue ou sketch à l’avance ?' "Non, pas du tout, c’est de l’impro ! La recette ne prendrait pas sinon… La maître de cérémonie se limite à briefer les équipes sur les catégories afin de s’assurer que chacun – surtout d’origines nationales diverses – comprenne bien les conditions et règles à respecter dans chacune des catégories. Les thèmes ne sont évidemment pas connus à l’avance. C’est ça la force de l’impro." confie l'enthousiaste Nicolas Dalaidenne, Président de la Fédération Belge d’Improvisation Amateur (FBIA)

Le public vient évidemment pour rire, mais pas seulement. Il est en attente d’émotions, de surprises et espère se reconnaître dans telle ou telle situation jouée.

Un Mondial qui ne s’improvise pas…

Être le pays hôte de ce Mondial, c’est aussi un travail important pour la FBIA. "C’est avant tout une fête qu’on organise tous les quatre ans en Belgique. On se fait un plaisir de recevoir les quatre autres fédérations et de les présenter aux 5.000 spectateurs répartis sur 8 villes. Les salles étaient pleines presque partout où nos 200 bénévoles et 9 permanents nous ont reçus. C’est un travail énorme." ajoute Nicolas Dalaidenne, avant de féliciter son équipe et en particulier la coordinatrice générale Alizé Beaufays.

En 2014, le Mondial aura lieu à Genève…


Si vous souhaitez également découvrir l’improvisation amateur, retrouvez tous les programmes et initiations sur leur site www.fbia.be