La nouvelle, jeudi, du décès d’Olindo Bolzan a plongé dans la stupeur et le chagrin le monde théâtral, qui salue un homme de cœur, un être d'une sensibilité rare, une âme généreuse pourfendeuse d’injustices, un camarade précieux, un regard précis.

Comédien hors normes, à la présence à la fois poétique et inquiétante, tendre et politique, Olindo Bolzan fit ses débuts sur scène aux côtés entre autres d’Anne-Marie Loop dans L’Annonce faite à Marie, de Claudel, par le Groupov. 

Olindo Bolzan seul en scène, à la fois solaire et lunaire. © Lou Hérion

Formé au conservatoire de Liège, il aura en près de trente ans de carrière visité tant le répertoire que la plus contemporaine des créations. Des Dario Fo ou du Thomas Bernhard de Françoise Bloch au puissant Décris-Ravage d’Adeline Rosenstein, en passant notamment par Tchekhov (La Mouette mise en scène par Jacques Delcuvellerie, La Cerisaie selon Thibaut Wenger) ou Shakespeare sous le regard de Martine Wijckaert ou d’Isabelle Pousseur

Olindo Bolzan avec Léa Drouet et Thibaut Wenger dans "Décris-ravage" d'Adeline Rosenstein. © Isabelle Nouzha

Passé également devant la caméra de Chantal Akerman (Nuit et jour, 1991) ou des frères Dardenne (L’Enfant, 2005), Olindo Bolzan avait 58 ans.