Parce que cette heure heureuse n'est pas que danse et pas que drôle (mais quand même très). Ses artisans l'ont imaginée et forgée de ce qui, au fil des ans, a bâti leur complicité de danseurs, a nourri leur amitié d'hommes, a marqué leurs corps entraînés, puissants et pourtant vieillissants. 

«Après un parcours qui [les] a vu souvent ensemble pendant une vingtaine d'années, maintenant, à cent ans à deux», Mauro Paccagnella et Alessandro Bernardeschi (régulièrement interprètes pour la chorégraphe Caterina Sagna notamment) formulent ici un langage, des tableaux de tendresse et d'humanité, de fiction et de réalité, de souvenirs et de projections. Le tout partagé d'égal à égal avec le spectateur, «dans ce Happy Hour où, si tu prends l'un, tu as l'autre aussi». Sans oublier ce qui pimente la plupart des créations de Wooshing Machine : «Dans mes spectacles, nous confiait Mauro, il y a toujours un peu de perruques, de peau, de poils, de distance, d'humour.»


Le 4e volet des «Conti sparsi» ne fait pas exception. La parole y a sa place débridée et cocasse, reflétant le regard, à la fois lucide et plein d'autodérision, du tandem sur ce métier «de sueur, de sang, de poussière, d'illusion, partout – et de coeur, beaucoup beaucoup de coeur»

Cette heure heureuse n'est pas que danse et pas que drôle (mais quand même très), elle se moque joyeusement de la beauté mais la réinvente sans cesse, l'habille ici de Monteverdi, là de Siouxie and the Banshees, elle parle à la peau, à l'esprit et au coeur. Elle fait partie des trois meilleurs spectacles de danse nominés aux Prix de la critique pour la saison écoulée.

«Happy Hour» de et par Mauro Paccagnella et Alessandro Bernardeschi, au Théâtre des Doms, Avignon, jusqu'au 27 juillet à 12h45. Infos : www.lesdoms.eu