Olivier Thomas et ses comparses dans la sarabande ludique de “Daisy Tambour”, au Rideau. Critique.

Olivier Thomas (bidon, chant), Catherine Delaunay (clarinettes, piano poche, conserve, voix) et Laurent Rousseau (guitares, conserve, voix) : “Daisy Tambour” réunit le même joyeux trio que pour “Antifreeze solution”, dans un esprit guère différent.

Le spectacle de 2013 était une friandise, un micro-festival de récits à trous, d’appels à l’imaginaire. La nouvelle création reprend le combo du chanté parlé joué bricolé, bousculé par le surgissement du désir. Avec Tambour comme le battement du cœur. Et Daisy comme le prénom. “Daisy Tambour c’est une ombre, et puis une lumière, un paroxysme, et puis un gouffre. Maintenant c’est sûr : Daisy Tambour, c’est toi qui as fait bouger mon lit. L’amour c’est… c’est… c’est compliqué.”


Polymporphe

Et ça résiste au résumé, voire aux catégories, comme le projet polymorphe Tomas&co asbl lancé par Olivier Thomas il y a quinze ans. Comédien de formation, compositeur, metteur en scène, il se définit comme “auteur de langues imaginaires, amateur du recyclage par la culture de l’imparfait, créateur d’espaces intersti-ciels et de lecture en biais”.

Pour les 800 ans de Saint-Gilles, en septembre dernier, l’orchestre N’koopérative se produsait au pied de la maison communale avec 120 chanteurs, 2 fanfares et des musiciens invités. Quant à Tomassenko, ici présent en trio au Rideau, il se présente en sa qualité d’“orchestre de poche pour musique de chambre pas bien rangée”.

L’amour, la vie, sans esbroufe

Un banc, un tableau noir, des spots comme une guirlande multicolore en fond de scène, un radio-K7 avec de vraies cassettes dedans, des cocktails avec des parasols qui brillent. “Daisy Tambour” offre, “en contrepoint à nos hésitations, nos errances”, une bulle de gaîté farcie d’allitérations. Du ludique, du joyeux, du gentil et du doux. De l’entraînant, de l’entêtant aussi au gré des mélopées que cisèlent les trois complices, sous le regard précis de Véronique Dumont et Vital Schraenen, et avec une échappée en vidéo signée Nicolas Marchant.

© Alessia Contu

“L’idée, c’est que les gens se racontent l’histoire qu’ils ont envie d’entendre”, explique Olivier Thomas, pour qui ce spectacle parle de l’amour, de la vie en général, “avec le moins d’esbroufe possible”

Et avec la logique en tire-bouchon qu’il manie si bien. “Respirer use. L’oxydation. Tu respires tu t'uses. Mais tu es obligé de respirer. Par contre quand tu ris tu respires plus, tu t’uses encore plus, et là tu peux peut-être faire quelque chose, puisque tu n’es pas obligé de rire.”


Bruxelles, Rideau, jusqu’au 10 décembre, à 20h30 (mercredi à 19h30, dimanche 4/12 à 15h). Durée : 1h20 env. De 10 à 20 €. Concert Nkorâl le 4/12 à 17h15. Infos & rés. : 02.737.16.01, www.rideaudebruxelles.be