Une critique de Jean Bernard. 


Ils chantent, ils dansent, ils imitent, ils égratignent, ils ridiculisent les hommes et les femmes politiques, belges surtout, étrangers un peu. Ils, ce sont les six artistes – et même un bien sympathique septième en la personne d’André Remy qui y fait deux apparitions – de Sois Belge et Tais-toi. André et son fils Baudouin à l’écriture, c’est l’assurance de tenir au plus près de l’actualité. Pourtant, à l’entracte, samedi soir, Baudouin sera obligé d’avouer que les politiques ont été encore plus prompts que lui pour écrire un sketch, la N-VA venant d’annoncer qu’elle quittait le gouvernement.

On saluera la virtuosité des comédiens pour s’emparer des joyeusetés gouvernementales au travers de chansons parodiques et de sketchs collant à l’actualité la plus récente, comme le Pacte migratoire de Marrakech, les gilets jaunes ou la Marche pour le Climat et la Cop23. C’est d’ailleurs dans ces moments-là, où l’on sent l’urgence de l’écriture, que la revue est la plus drôle et la plus incisive.

Tous les partis sont de la revue

Le premier moment fort de ces trois heures de spectacle total fut une parodie de la chanson d’Orelsan “Vous n’avez pas les bases”, comme quoi, en matière musicale, une revue peut aussi se mettre à la page. Le roi Philippe et Albert, qui font partie de l’ADN de Sois Belge et Tais-toi, sont parmi les premiers à faire leur apparition.

Tout au long de la soirée, les principaux partis en prennent pour leur grade. On attaque avec Jean-Marc Nollet et Zakia Khattabi, puis les socialistes, ensuite Lutgen, Benoît, “vous savez le frère de Jean-Pierre”. Et crac, Jean-Luc Crucke est déjà croqué en première partie. Quant au duo Laurette Onkelinx – Joëlle Milquet, il nous a par contre semblé un rien plus faible.

Côté néerlandophone, Theo Francken a vraiment les allures de la créature de Frankenstein. La N-VA est évidemment mise à plusieurs sauces, le quatuor De Wever, Francken, Jambon, Braecke donnant froid dans le dos.

Après l’entracte, c’est le MR qui se voit servi en plat de résistance. Dommage qu’on mette quelques instants à reconnaître Willy Borsus en compagnie d’Olivier Chastel, de Charles Michel et de Didier Reynders car cela nous fait perdre un peu le fil de la conversation et quelques saillies. Mais c’est une libérale – flamande celle-là – qui nous aura vraiment fait hurler de rire : Maggie De Block.

Les habitués de Sois Belge et Tais-toi ont évidemment poussé des cris de joie au moment où s’annonçait la leçon de néerlandais. Et cette dernière tenait ses promesses/haar beloften.

Et c’est bien cela le plus réjouissant avec un spectacle qui compte déjà 21 saisons à son compteur ; les Remy ont réussi à moderniser et à renouveler ce format de la revue, en attirant de nouvelles têtes – les épatantes Manon Hanseeuw, Sandra Raco et les non moins talentueux Stéphane Pirard, Benoît Charpentier et Maxime Thierry. Grâce à eux, et à cause de ceux qu’ils égratignent, on en aurait bien repris pour trois heures de plus.


EN PRATIQUE

Quoi  ? La revue politique Sois Belge et tais-toi  !, c’est un spectacle itinérant de plus de 50 dates en Belgique.

Quand  ? La troupe sera à Bruxelles, au Théâtre Saint-Michel, les 14, 15 et 21 décembre à 20 h ainsi que le 16 décembre à 16 h. Elle y jouera aussi pour le Réveillon du Nouvel an, à 21 h. Elle sera aussi à Namur, au Théâtre royal, du 26 au 29 décembre, à 20 h. En 2019, Sois Belge sera en tournée à Bruxelles, Huy, Rouvroy, Nivelles, Liège, Luxembourg, Ath, Chimay, Louvain-la-Neuve, Charleroi, Mouscron, etc.

Comment  ? Retrouvez toutes infos et dates de tournée sur www.soisbelge.be