Un couple dîne. Le téléphone sonne. Or M. et Mme Bélier ne sont pas abonnés au téléphone. Et leur interlocuteur demande à parler à un certain M. Schmitt. Les Bélier réalisent alors que non seulement ils sont enfermés dans un appartement qui n’est pas le leur, mais qu’en outre tout semble prouver qu’ils sont M. et Mme Schmitt. Doute, panique, cauchemar. Où est la folie ? où la vérité ?

Pour l’auteur (par ailleurs de "Sans ascenseur", "Dieu habite Düsseldorf" ou "Cochons d’Inde"), "le comique naît ici d’une situation extrême. Quand on est pris au piège, on quitte tout réalisme : on raconte n’importe quoi pour s’en sortir. Deux logiques irréconciliables s’affrontent - celle des autorités, celle de l’homme. C’est ce qui fait que la pièce est sans cesse entre deux univers : le boulevard et l’absurde, et le mélange peut dérouter". Sébastien Thiéry avoue, en outre, avoir été inspiré, pour "Qui est Monsieur Schmitt ?", du film "Caché" de Michael Haneke : "J’aime bien l’idée que quelqu’un qui n’a rien à se reprocher, qui a une vie normale, se retrouve tout à coup persécuté au point où sa femme et lui vont se demander s’ils n’ont pas fait quelque chose de mal. Mais moi, je fais des pièces drôles, bien sûr; je suis obsédé par l’idée que les gens rient à mes pièces !"

De lui, Jean-Michel Ribes dit qu’il a "l’élégance du raccourci, il se débarrasse avec culot de l’encrottement des bienséances qui empèsent l’existence, il sait que seule la vitesse permet l’inattendu, déclenche l’amour, provoque le rire, et allège la vie".

C’est Bernard Cogniaux qui, pour cette création en Belgique, met en scène la pièce dont il souligne "l’énormité", "les audaces de l’écriture" d’un auteur qui reconnaît se surprendre lui-même des voies qu’emprunte son récit. Un auteur qui est aussi comédien, et qui, donc, écrit en ayant en tête l’acteur, le plaisir du jeu, de la situation à déjouer.

Être ou ne pas être : la question hante les scènes depuis des générations. En voici une nouvelle version, en forme de clin d’œil sans doute, voire d’ovni. L’identité de M. et Mme Bélier (qu’interprètent Alain Leempoel et Marie-Paule Kumps) sera mise en question, jusqu’à la dépossession d’eux-mêmes, rejoints par les figures de l’autorité que sont le policier (Thierry Janssen) et le médecin (Thierry De Coster). Le tout dans des décors et costumes signés Lionel Lesire.

Bruxelles, Théâtre royal des Galeries, du 15 février au 11 mars, du mardi au samedi à 20h15, le dimanche à 15h. Infos & rés. : 02.512.04.07, www.trg.be