Scènes

Un plateau nu, un tableau noir, cinq tabourets et un portant avec quelques costumes. Qui pourrait croire qu’un décor aussi simple fasse autant voyager les spectateurs ? Et pourtant ! Depuis qu’Alexis Michalik a imaginé, en 2011, Le Porteur d’histoire, le succès ne s’est pas démenti. Il n’est, en fait, pas toujours besoin de décors et de costumes grandiloquents pour faire vagabonder les imaginaires. Et cela, l’auteur et metteur en scène français l’a bien saisi.

Sur scène, les cinq comédiens - Allan Bertin, Baptiste Blampain, Nicolas Buysse, Julia Le Faou et Sherine Seyad -, pieds nus, pantalon noir et t-shirt blanc, plongent immédiatement le public dans le propos : "Nous allons vous raconter une histoire"… Et c’est parti pour près de deux heures d’un récit haletant, passionnant où s’entremêlent réalité et fiction, passé et présent, ici et ailleurs, narration et dialogues. Le texte fuse ; le rythme est intense. Gare ! La moindre distraction ferait perdre le fil de l’histoire.

1988. Il pleut des torrents. Martin Martin débarque en pleine nuit à Linchamps, dans les Ardennes françaises. Son père vient de mourir. Au cimetière, Martin découvre un cercueil rempli de livres… Quinze ans plus tard, dans un petit village algérien, une mère et sa fille hébergent un inconnu, avant de disparaître mystérieusement…

Trésors cachés et Dumas

Grâce à une très habile mise en scène, aux rouages cinématographiques, appuyée par un subtil jeu d’éclairages et de fonds sonores, le spectateur est pris dans le tourbillon de l’intrigue. De Linchamps à Mechta Layadat, de Paris au Canada, d’Alger à Marseille, on se lance à l’aventure, tel Indiana Jones et Adèle Blanc-Sec, en quête de trésors cachés, on fouille des bibliothèques, on croise Alexandre Dumas, Eugène Delacroix ou encore la reine Marie-Antoinette, on embarque dans une diligence, un avion, sur un bateau, on rapporte des légendes,... et on découvre l’amour. Un cocktail délicieusement jubilatoire qui fait retrouver son âme d’enfant, celle où l’imagination rend tout possible.