Quiche toujours, La rentrée d’Arlette, Retour en Algérie et Journal intime d’un sex sans bol. L’humoriste Zidani tourne actuellement avec plusieurs créations de son répertoire. “Jouer ces différents spectacles me permet de faire un peu le point, mais aussi de renouveler le public, confie celle qui a entamé sa carrière il y a plus de vingt ans, parce qu’il y a des spectateurs qui me découvrent à tel spectacle et puis ils ont envie de voir les autres. D’ailleurs, on va faire un petit gag : on va éditer une carte de fidélité pour les fans”. Elle ajoute, sourire aux lèvres : “Ces spectacles-ci tournent parce que la Belgique est un très petit pays. Enfin, je suis en auto-production. Donc, je suis complètement libre, ce qui m’a toujours permis d’être très créative, car j’ai envie de présenter des univers très différents”.

Avec ses personnages plus décalés et disjoncté les uns que les autres (Jeanine Dufoin, la gérante de camping ; Béatrice Müller, technicienne de surface ; la directrice de collège Arlette Davidson; la chanteuse Stéphanie Jacques ;…), Zidani a su, au fil du temps, imposer son “travail atypique”, sa “volonté de mettre un cachet”.

De prof de religion protestante à la scène

C’est sur les bancs de l’école qu’elle découvre le théâtre, à 9 ans. À cette époque, la petite Sandra Zidani, née en 1968 d’un papa algérien et d’une maman flamande, peine à trouver sa place entre ces deux cultures. “Je sentais bien que j’étais ‘la fille de l’Algérien’, que j’avais une différence”, se souvient-elle. Un sentiment dont elle va se libérer grâce au théâtre. “Quand j’ai commencé le théâtre, je me suis sentie moi  : je suis devenue “Zidani”. J’avais ma personnalité. Je crois que le théâtre est par excellence un lieu qui n’a pas de nationalité, qui a des identités, mais toujours positives. Du coup, je me suis sentie chez moi et à l’aise.”

Elle poursuit : “Mes parents n’étaient portés ni vers le théâtre ni vers la culture, mais, depuis mes 9 ans, le théâtre a toujours été un fil conducteur pour moi. J’en ai toujours fait. J’ai même fait quelques scènes de café-théâtre pour payer mes études”. Pour autant, si le théâtre a toujours fait partie de sa vie, “je voulais être humoriste, mais il n’y avait pas d’école pour ça”. Également férue d’art – elle peint aussi –, elle s’inscrit à l’ULB en Histoire de l’art et archéologie. Diplômée, “il fallait que je gagne ma vie”. Elle envoie alors un CV pour un remplacement de quatre mois comme professeur de religion protestante, “et ça a duré dix ans”. Mais sa passion pour la scène ne la quitte pas. Elle lance ses premiers spectacles en parallèle de sa carrière d’enseignante, “jusqu’au moment où j’ai trouvé mon style et où il a fallu faire un choix… que j’ai vite fait”.

Accessoires, vidéos, chansons,…

Et si son cœur a penché pour les planches, elle n’en garde pas moins “beaucoup d’affection” pour le métier de professeur, qui lui a d’ailleurs inspiré trois spectacles (Va t’en savoir, La rentrée d’Arlette et Arlette, l’ultime combat). “Quand je travaille mes spectacles, décrit-elle, j’aime bien me plonger dans un langage et me fondre dans les corps des personnages que j’interprète”. Des personnages cocasses qu’elle façonne à coups d’accessoires (perruques, robes, colliers,…) et dont elle “habille” l’univers grâce à la vidéo, des chansons, etc. “C’est gai d’avoir une imagerie et puis, c’est aussi une manière pour moi d’avoir une distance, précise-t-elle. Retour en Algérie est mon spectacle le plus autobiographique, mais parler de moi ne m’est pas facile et puis, ça m’intéresse moins”. Elle, ce qui la botte, c’est l’être humain, “source intarissable” d’inspiration. “Je suis quelqu’un qui a beaucoup besoin de créer.” Elle écrit d’ailleurs, en ce moment, un nouveau spectacle, Les pingouins à l’aube “un titre provisoire ou pas”, note Zidani qui “adore les manchots” – qui sera à découvrir au W:Hall en octobre 2020 et tournera autour de “la notion de malentendu”.

Retrouvez les spectacles en tournée et les dates sur www.zidani.be