2017, présidentielle d’egos

Qu’il est pénible d’apprendre jour après jour que tel ou tel politique de l’Hexagone annonce "officiellement être candidat à la Présidence de la République française". A croire que la simple prononciation de ces mots suffit à satisfaire le petit ego d’un tel ou d’une telle. Un commentaire de Dorian de Meeûs.

2017, présidentielle d’egos
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Dorian de Meeûs


Une commentaire de Dorian de Meeûs.


Qu’il est pénible d’apprendre jour après jour que tel ou tel politique de l’Hexagone annonce "officiellement être candidat à la Présidence de la République française". A croire que la simple prononciation de ces mots suffit à satisfaire le petit ego d’un tel ou d’une telle. Une ambition pour la France ? Non, juste une envie d’exister, de se montrer, de se mettre dans la lumière… Il n’est pourtant pas si loin le temps où les ténors des partis traditionnels parvenaient à mobiliser leurs partis en vue de l’élection suprême.

Ce petit jeu narcissique n'aurait rien de honteux s’il ne déroulait pas si soigneusement le tapis rouge vers le second tour à Marine Le Pen.

Sans surprise, à droite, Nicolas Sarkozy vient de se lancer dans la bataille de la reconquête du pouvoir. Son duel avec Alain Juppé pourra enfin officiellement commencer. François Fillon espère déjouer les pronostics qui lui prédisent depuis des mois une médaille de bronze. Derrière les ténors, l’ambitieux Bruno Lemaire ambitionne encore et toujours, mais plafonne. Nathalie Kosciusko-Morizet est trop intelligente pour croire en ses chances, mais elle mise sur l’étape d’après. Etre un caillou dans la chaussure des prétendants lui assurera de belles responsabilités suite à un ralliement politico-médiatique. Peu populaire, Jean-François Copé n’aspire qu’à sa petite vengeance personnelle : empêcher Sarkozy de reprendre l’Elysée. Puis, citons aussi -sans être exhaustifs - Morano, Guiano et Lefebvre, pour le bruit de fond…

A gauche, François Hollande rêve d’un sublime malentendu. Impopulaire comme jamais (ou toujours), mais avec des troupes complètement divisées, il compte sur la primaire du PS pour neutraliser ses adversaires déclarés ou pas. Après avoir réussi à faire dégringoler Manuel Valls dans les sondages, il peut se concentrer sur le gros morceau : la candidature de son ancien ministre de l’Economie Arnaud Montebourg, aussi frondeur qu’amnésique sur ses propres responsabilités lors de l’actuel quinquennat. Montebourg, c’est un ego surdimensionné, convaincu que son destin rejoint l’Histoire de France. Mais ce beau rêveur a compris le piège tendu par le locataire de l’Elysée et menace de se présenter sans passer par la primaire de la gauche. Un tel scénario diviserait profondément les électeurs socialistes et empêcherait sans doute la gauche d’accéder au deuxième tour. Bref, un cadeau inespéré pour un Front national qui n’en demandait pas tant. D’autant que les gauches radicale, écologiste, communiste et révolutionnaire comptent elles aussi faire entendre leurs différences. Reste l’incertitude Macron, le trublion se lancera-t-il dans la course ou attendra-t-il 2022 ?

Seule certitude avant les joyeusetés politico-politiciennes, les egos ont déjà largement remporté cette élection.

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