Fin du vote obligatoire? Parlons aussi des suppléants et de la case de tête...

Philippe Close (PS) veut octroyer le droit de vote aux étrangers lors d’élections régionales, Georges-Louis Bouchez (MR) préconise lui la fin du vote obligatoire. Qu’on soit favorable ou non à ces mesures, elles ont le mérite d’exister. Profitons de ce débat pour l’élargir à l’ensemble des questions que se posent nombre de citoyens lors d’élections. Un commentaire de Dorian de Meeûs.

Fin du vote obligatoire? Parlons aussi des suppléants et de la case de tête...
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Dorian de Meeûs


Un commentaire de Dorian de Meeûs.

La semaine dernière, le socialiste bruxellois Philippe Close proposait d’octroyer le droit de vote aux étrangers lors d’élections régionales. Ce matin, le réformateur Georges-Louis Bouchez préconise quant à lui de supprimer l’obligation de se rendre aux urnes. Qu’on soit favorable ou non à ces mesures, elles ont le mérite d’exister et d’alimenter un débat sain, légitime et utile pour notre démocratie.

Profitons de ce débat pour l’élargir à l’ensemble des questions que se posent nombre de citoyens lors d’élections. Est-il justifié que des candidats qui obtiennent plus de votes se voient privés d’un siège au profit d’un candidat mieux placé sur la liste ? Peut-on accepter que la seule formation d’une liste électorale détermine l’élection de certains candidats ? Est-il légitime qu’un candidat suppléant - qui n’a aucunement été plébiscité par les électeurs - décroche un siège de député ? Faudrait-il prévoir des primaires internes pour la formation des listes, à commencer par la désignation de la tête de liste ? Est-il encore acceptable qu’un élu en exercice soit candidat pour une responsabilité à un autre niveau de pouvoir qu’il s’empêchera d’exercer s’il est élu ?

Evidemment, ces débats sur l’éventuelle suppression du vote obligatoire, des suppléances et de l’effet dévolutif de la case de tête devront être nuancés. Car il y a de vrais arguments pour les maintenir: on vote pour un projet et pas seulement pour des individus, les suppléances permettent parfois à des personnes très compétentes mais peu populaires d’animer la vie législative, le droit de vote est un devoir fondamental pour les citoyens…

Mais n’ayons pas peur d’ouvrir ces débats. Ce sera un exercice politique et civique salutaire. Et ne soyons pas naïfs, ces discussions ne seront pas simples, car on touche ici aux sacro-saints pouvoirs des présidents de partis, et ils auront très probablement les pires réticences à s’en décharger. Que le changement passe par une révision constitutionnelle, une loi ou un décret, les députés devraient se saisir de ces matières sans pour autant se précipiter et sans arrières pensées partisanes.

Charles Michel voulait relancer des référendums ? Pour remobiliser le débat démocratique, ce n'est pas la matière qui manque.

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