Nos jeunes sont fragiles, préservons-les

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Une chronique de Jonas Legge, rédacteur en chef de LaLibre.be

Chère abonnée,
Cher abonné,

Même s'ils sont nombreux à cacher leurs sentiments sous des carapaces qu'ils pensent indestructibles, nos jeunes sont des êtres fragiles. Il suffit de gratter, parfois un peu, parfois un peu plus, pour se rendre compte que la carapace est friable, que le cuir n'est finalement pas si épais. Cela se vérifie en temps normal. Mais c'est encore plus vrai en ces temps si troubles où notre quotidien est bousculé, nos habitudes ébranlées, nos contacts quasiment à l'arrêt.

Une enquête réalisée entre la mi-mars et le mois de juin souligne que la crise du coronavirus suscite encore davantage d'anxiété chez 80% des jeunes entre 12 et 18 ans. Pire, 9% d'entre eux confient avoir ou avoir eu des pensées et gestes suicidaires, ou même d'automutilation, d'après cette étude, menée en Fédération Wallonie-Bruxelles par la professeure de psychologie à l'ULiège, Fabienne Glowacz.

Il est évidemment primordial de préserver l'intimité de chacun, de ne pas pénétrer dans le jardin secret des ados. Mais il faut les inciter au dialogue, leur montrer de l'écoute. Chaque jeune cherche sa place dans les différents cercles qu'il fréquente : sa classe, son groupe d'amis, son mouvement de jeunesse, et même son foyer. Pour certains, c'est aussi simple que naturel. Pour d'autres, trouver sa place suscite de l'anxiété.

En ce moment, tous les repères s'effondrent. Les tensions, même au sein des familles, sont exacerbées. Or, c'est à nous, parents, grands-parents, professeurs, éducateurs de créer un cadre apaisant, de soutenir nos jeunes, de chercher à les comprendre, de tenter de trouver du sens avec eux. Cela passe notamment par cet exercice difficile qui consiste à mettre des mots sur des sentiments. Mais aussi par des paroles simples : leur dire que nous les aimons. Tout simplement.