Chères abonnées,

Chers abonnés,

Face à la deuxième vague du Covid-19 qui déferle sur l’Europe, notre pays n’est pas épargné. Au contraire, il est touché de plein fouet. Comment réagir ? Deux options se présentent à nous : la subir ou la casser. Vous le savez, en respectant au mieux les règles de distanciation sociale, chacun a l’occasion de tirer sur le frein à main qui ralentira la pandémie et entrouvrira la voie vers un retour à la normale. Mais au-delà de ces gestes responsables, nous pouvons décider de ne pas simplement subir cette crise interminable. Nous avons besoin d’éclaircies.

Avec la pénombre de cet automne, même une luciole nous éblouirait. Dès lors, tentons de déceler des aspects lumineux dans chaque contrainte imposée par le virus ou les autorités. Le télétravail nous épargne, par exemple, beaucoup de temps dans les transports. Il nous permet de voir davantage nos proches, d’être moins déconcentrés. Le confinement nous offre aussi l’occasion de redécouvrir de grands auteurs, des classiques du cinéma ou des séries inédites. Notre supplément culturel du mercredi, Arts Libre, adapte son offre pour continuer à faire vivre la culture dans votre quotidien.

Plus que jamais, il nous faut des projets personnels, familiaux, amicaux et professionnels. Bref, des projets ! Plein, à faire déborder notre imagination. Décalons notre perspective du court au moyen terme. Rêvons de nos futures escapades, des paysages qui nous manquent, des dîners où les rires fusent, des soirées inoubliables, des spectacles enivrants, des découvertes émouvantes ou encore de fêtes de mariage ou de naissance. La vie est une roue qui tourne et avance, avec des joies immenses et des peines incommensurables, des obstacles et des coups de pouce, des rires et des larmes, des rencontres et des au revoir. Avec le temps, la période que nous traversons, aussi pénible qu’elle soit, s’inscrira dans notre histoire comme une victoire face à la maladie. Même si cette réjouissance ne nous fera pas oublier celles et ceux qui auront été frappés par le virus.

Retenons aussi que chaque crise révèle les héros de son temps. En 2020, ce sont les soignants, chercheurs, experts, enseignants… Ceux qu’on n’applaudit plus chaque soir mais qui méritent tellement plus que ce que la société leur accorde. Soyons solidaires et en pensées avec ces femmes et hommes qui – souvent – se donnent sans compter, sans rien attendre en retour. Aidons aussi concrètement les victimes économiques et sociales de la crise. Organisons des "restos-maison" en famille en faisant appel à ces nombreux restaurateurs qui – en un week-end – ont adapté leur organisation pour poursuivre leur métier, leur passion. Une passion, surtout lorsqu’elle est ébranlée comme jamais, s’entretient, s’alimente. Aidons nos chefs, nos éleveurs, nos agriculteurs, nos viticulteurs, mais aussi nos commerçants et libraires à surfer sur cette vague qui ne nous emportera pas.

Merci pour votre fidélité et bonne lecture,

Dorian de Meeûs,

Rédacteur en chef de La Libre