La chronique de la rédaction

Une chronique de Francis Van de Woestyne. 

Il y a cent ans, en 1919, le droit de vote a été accordé à tout citoyen masculin de plus de 21 ans. C’est à peine croyable, mais il a fallu attendre 1 948 pour que le même droit de vote et d’éligibilité des femmes soit aligné sur celui des hommes! Cent ans plus tard, l’égalité entre hommes et femmes n’est toujours pas totale. C’est tout aussi impensable. Qu’avons-nous fait, nous les hommes, pour remédier à cette situation ?

Il serait évidemment incorrect d’affirmer que rien n’a été entrepris pour éliminer les inégalités entre hommes et femmes qui existaient il y a un siècle, il y cinquante ans. Des progrès ont été réalisés. C'est grâce au dynamisme des femmes, à ces mouvements féministes que nos pères et nos grands-pères ont souvent considérés comme de simples suffragettes, que l'égalité a progressé.

Pendant longtemps, les seules casseroles dont s’occupaient les hommes politiques étaient celles que certains d'entre eux traînaient et non celles de leur foyer… Aujourd’hui, il y a une égalité de droit dans la loi mais, sur le terrain, dans certaines familles, elle est loin d’être atteinte. Bien sûr, il y a des exceptions, des ménages dans lesquels les tâches sont parfaitement partagées; il en est même où l’homme travaille plus souvent dans la cuisine que sa partenaire. Mais c'est la minorité.

Car les chiffres sont là. En 2018, selon l’Organisation internationale du travail (OIT), la probabilité que les femmes aient un emploi était inférieure à celle des hommes de 26 points ; pourtant, selon le sondage de l'OIT, 70 % des femmes préférent travailler plutôt que de rester à la maison. Parmi les facteurs expliquant ce constat, celui qui pèse le plus est la garde des enfants. Ces 20 dernières années, le temps consacré par les femmes à la garde d’enfants et aux travaux domestiques non rémunérés n’a pratiquement pas diminué et celui des hommes n’a augmenté que de huit minutes par jour. À ce rythme, il faudra plus de 200 ans pour parvenir à l’égalité des temps consacrés aux activités de soin non rémunérées ! Il en va des tâches mais aussi de la charge mentale : ce sont souvent les femmes qui "pensent" à tout…

Alors, les hommes, si on se bougeait un peu? Il y a des combats à mener au niveau législatif. Il y a aussi, surtout, des égalités à réaliser dans les entreprises, afin de veiller, qu'à compétence égale, les femmes aient autant de chances que les hommes de progresser dans les hiérarchies. L'égalité hommes-femmes au travail progressera aussi si les hommes en font plus à la maison. Il y a, au quotidien, des charges à assumer, non pas en traînant les pieds, en soupirant, en maugréant. Mais avec entrain, amour, tendresse. Parce que, c’est bien connu, il n’y a pas d’amour sans preuve d’amour.

Naïf, tout cela ? Peut-être. Mais l’humanité n’avance pas toujours à coup de grandes déclarations ou décisions. Parfois, c’est dans la vie de tous les jours que les mentalités évoluent et que la société progresse.