Un texte de Francis Van de Woestyne. 

Au diable les oiseaux de malheur, ce n’est pas leur heure

Au revoir, les pessimistes invétérés, nés pour râler.

Fini les prometteurs de tristesse, les râleurs et leurs bassesses 

Au placard, les porteurs de mauvais augure, leurs temps sont durs.

Remballés les prophètes de l’apocalypse, voici leur éclipse

Oubliés les devins et leur triste destin

Les manants et leurs pressentiments

Au rebut les astrologues et leur morne monologue

On dégage aussi les loustics et leurs sombres pronostics

Que reste-t-il, alors ?

Des êtres que le confinement rend brillants

Une énergie qui se met au service de la vie

Une humanité qui se redécouvre de belles qualités.

L’Europe, ok, c’est pas trop le top.

Mais dans la rue, voyez cette mue.

Difficile de détailler les attentions tellement elles sont légion.

Des jeunes reconditionnent des pc pour les aînés

Des essuie-glaces et leur moteur deviennent des respirateurs

Un plâtrier s’engage comme agent hospitalier

Des couturières fabriquent par milliers les masques-barrières

En milieu rural, des bénévoles se donnent beaucoup de mal.

Il n’y a plus de sots métiers, agents, éboueurs, caissières ou caissiers

C’est eux aussi que le soir on applaudit sur le trottoir

Au Royaume Uni, on s’inquiète même pour Johnson

Certains ont peur que son heure ne sonne.

Comme le dit Edgard Morin, il y a une communauté de destins

Qui sauvera le monde de ce virus immonde.

Diable, les humains sont tous devenus formidables.

Pourvu qu’après le déconfinement, il reste quelque chose de ces beaux serments.