La chronique de la rédaction Un commentaire de Francis Van de Woestyne, rédacteur en chef de "La Libre".

Ce dimanche, des milliers de Belges auraient voulu venir à Bruxelles dire leur refus de la haine, de la violence. Dire leur volonté de vivre dans une capitale ouverte, tolérante, accueillante. Dans un pays bizarre et bigarré mais un pays debout, qui a fait de ses différences, sa force.

Répondant aux conseils du ministre de l'Intérieur, Jan Jambon (N-VA), et du bourgmestre de Bruxelles, Yvan Mayeur (PS), ils ont renoncé à cette marche et sont finalement restés chez eux pour éviter que les forces de police, très sollicitées ces derniers jours et dimanche encore, ne soient obligées d'encadrer cette manifestation pacifique.

Mais Bruxelles a été troublée par 500 hooligans venus du Nord du pays. La place de la Bourse a été souillée par des hordes de fascistes qui ont claironné pendant leur promenade, des slogans racistes. Ils étaient venus pour "protéger les Belges du terrorisme". Ils ont semé une autre terreur, en déversant des torrents de haine.

Les images diffusées sont particulièrement choquantes. Deux éléments sont incompréhensibles:

- comment ces énergumènes ont-ils pu arriver place de la Bourse à Bruxelles? Comment se fait-il qu'ils n'aient pas été arrêtés plus tôt, aux abords de la gare du Nord ou à Vilvorde, là où ils ont débarqué en provenance d'Anvers?

- pourquoi la N-VA a-t-elle refusé de condamner cette marche violente? Pourquoi Bart De Wevr a-t-il refusé de s'associer au texte rédigé par les autres présidents de partis flamands? C'est pour éviter de faire la publicité aux hooligans, a justifié le président de la N-VA.

La prochaine fois qu'il condamnera le comportement d'une personne, d'un groupe, d'une association, il faudra donc comprendre qu'il souhaite en faire la publicité...