Une humeur de Jonas Legge.

Nombreux sont les Belges qui, vendredi soir et ce week-end, ont profité des moments de convivialité habituels dans les restaurants, les bars, les espaces publics et autres plaines de jeux. Sur les réseaux sociaux, les messages ont afflué pour dénoncer ces comportements jugés tantôt "égoïstes", tantôt "irresponsables".

Le mot d'ordre est pourtant clair : nous devons limiter au maximum nos contacts sociaux pour éviter que le coronavirus ne se propage ! Le directeur général de la Santé en France a parfaitement résumé la situation : "Ce n’est pas le virus qui circule, ce sont les hommes et les femmes qui le font circuler".

Sans le respect par chacun des mesures drastiques de distanciation sociale, les autorités devront imposer une situation "à l'italienne", soit un confinement obligatoire de toute la population. Là-bas, les 60 millions d’habitants ne peuvent se déplacer que pour raisons professionnelles ou impérieuses.

Si le message n'est entendu ni via les médias ni via l'encadrement familial, c'est par des mesures coercitives qu'il faudra passer. Pour une minorité d'hurluberlus et d'inconscients incapables d'appliquer les consignes, tous les Belges risquent d'être sanctionnés. Il en sera alors fini de la balade en famille, fini de la promenade pour s'aérer l'esprit.

Chaque citoyen détient la solution

La situation est pourtant aisément compréhensible : plus nous avons d'interactions, plus les risques de contamination sont grands. En France et en Italie, le nombre de cas double tous les trois jours. Plusieurs centaines de personnes sont dans un état critique. Or, le pic de l'épidémie devrait seulement se déclarer dans deux à trois semaines.

Les jours à venir vont être marqués par l'ennui, la morosité, la frustration, un besoin de défoulement, de hurlement. Mais il faut passer par là. Chaque citoyen détient la solution pour que l'épidémie diminue.

Peut-être avons-nous trop dit et écrit que les personnes âgées et fragiles sont les plus susceptibles de mourir du virus, laissant sous-entendre que les autres catégories de population ne sont pas concernées. Rappelons tout de même que la tranche d'âge la plus touchée se situe entre 45 et 49 ans. Des jeunes adultes, adolescents et enfants peuvent développer des complications graves. Même s'ils n'en mourront pas nécessairement, ils devront être hospitalisés et occuperont éventuellement des lits qui ne pourront être donnés à des personnes plus âgées, elles aussi dans un état critique. Le risque d'engorgement des hôpitaux est bien réel. Aidons les médecins, évitons qu'ils doivent choisir quelle vie sauver.

En attendant que l'épidémie se tasse, qu'un vaccin soit fabriqué, chacun doit prendre sur soi. Les risques sont beaucoup trop grands pour que quelques inconscients se permettent de bafouer les normes sanitaires désormais devenues élémentaires.

Bulletin épidémiologique du 16 mars 2020 © epidemio.wiv-isp.be