Un commentaire de Dorian de Meeûs.

Mardi soir, 21h15. Dans la buvette d’un club de tennis du Brabant wallon, les tables sont presque toutes inoccupées. Comme rarement. Avec mon partenaire de jeu, nous prenons un verre. Jamais nous nous sommes assis aussi loin de la table qui nous sépare afin de maintenir une bonne distance entre nous. Un peu plus loin, deux autres joueurs font de même. Le grand blond – appelons-le ainsi – tousse et éternue beaucoup. Trop sans doute. Souvent dans son coude, parfois dans sa main. Il a l’air épuisé, par sa partie de tennis?

Quatre joueurs, deux hommes et deux femmes, viennent s’installer à une table. La plus enthousiaste du groupe se lève et propose à ses voisins de les rejoindre : "Allez, venez avec nous, on s’en fout de la limite de 4, la patronne est sympa…". Derrière le bar, un regard noir tue dans l'oeuf cette idée. Chacun reste donc à sa table. Trop dur sans doute pour la dame d’une quarantaine d’années. Elle se lève et se dirige vers le grand blond assis : "Je viens quand même t’embrasser, ça me fait plaisir de te voir." S’ensuit un long câlin amical, sans masque.

Retour en arrière. Mardi soir, 21h05. La buvette est vide. Le grand blond prévient son ami au moment de retirer son masque et de s’asseoir : "Je garde mes distances, car je ne sens pas très bien et ma compagne a des symptômes du virus… on croise les doigts."

Cette petite scène, où un détail change la perception de la situation, démontre que tant les asymptomatiques que les symptomatiques peuvent être irresponsables face à un virus qui n’a jamais autant circulé dans une région. Les mêmes s’indigneront lorsqu’ils repasseront devant cette buvette fermée par les autorités.