A chacun ses terroristes

Il a fallu plus de temps pour scinder BHV (qui était aussi une bombe à retardement) qu’il n’en a sans doute fallu à certains jeunes de Moureauxlenbeek pour décider de se muer en bombes humaines, mais le jeu en valait la chandelle. Une chronique de Philippe Paquet.

Philippe Paquet
A chacun ses terroristes
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Une chronique de Philippe Paquet.

Patrie du surréalisme, la Belgique est un pays difficile à comprendre. On ne s’étonne donc pas quand la presse étrangère (celle d’Outre-Quiévrain, par exemple) se méprend sur les raisons qui auraient fait de Bruxelles (ou de sa commune désormais la plus célèbre) la plaque tournante du djihadisme mondial.

Démission ou disparition de l’Etat belge, a-t-on pu lire ainsi sous la plume de quelque observateur averti à Paris. Eh bien, non. L’Etat a toujours été là, occupé, affairé (et même de façon courante), mais concentré sur des priorités différentes. Pendant que des jeunes “se radicalisaient” (lisez : des bons à rien qui décident de faire mal), les élites politiques du Royaume s’employaient à résoudre un problème autrement plus pressant : la scission de l’arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde

Il a fallu plus de temps pour scinder BHV (qui était aussi une bombe à retardement) qu’il n’en a sans doute fallu à certains jeunes de Moureauxlenbeek pour décider de se muer en bombes humaines, mais le jeu en valait la chandelle. La vie est incontestablement plus belle depuis que Hal-Vilvorde est libéré. Chaque jour, on en savoure avec délice les bienfaits. Eperdus de reconnaissance, on veut seulement espérer que ceux à qui l’on doit ce prodige goûteront eux aussi, un jour, la félicité d’un paradis aux houris plus attirantes les unes que les autres.

Dans l’immédiat, il nous faut cependant supporter stoïquement les sarcasmes qu’inspire l’absence de perspicacité chez ceux qui tentent d’analyser les mécanismes de la bonne gouvernance belge. Nous devons, pour ce faire, nous armer de patience. Dans quelques mois, ce sont les Diables rouges qui terroriseront leurs adversaires et notamment les équipes aux couleurs de ces nations qui nous auront si injustement dénigrés.

Le football belge nous offre au demeurant une solution pour venir à bout des terroristes. Pour les réduire à l’impuissance, assure un spécialiste, il suffirait qu’on leur envoie Lukaku. L’homme rate, en effet, toutes les balles qu’il touche en équipe nationale.


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