Edito : Au vestiaire, le cynisme !

Comment accueillir de nouvelles négociations palestino-israéliennes, si ce n’est comme une bonne nouvelle ?

Milecan Gilles
Edito : Au vestiaire, le cynisme !
©AP

"Il est difficile pour les journalistes de traiter les bonnes nouvelles." Il y a trois semaines, Sybille Vincendon soulignait ce malheureux état de fait. Pour expliquer cette réticence, la rédactrice en chef adjointe de "Libération" pointait le "risque de paraître naïf, voire nunuche".

Comment accueillir de nouvelles négociations palestino-israéliennes, si ce n’est comme une bonne nouvelle ?

Il n’existe pas, de par le monde, de puissance, d’organisation, de groupe de travail ou d’influence à même d’obtenir et encore moins de forcer un accord de paix.

Les démarches de facilitateurs sont naturellement bienvenues mais la légitimité, tout comme la capacité de sceller cette paix, n’appartient qu’aux seuls protagonistes. Que ceux-ci endossent la responsabilité d’une tentative de progresser vers un éventuel dénouement pacifique (formule parachute s’il en est) est, en soi, une bonne nouvelle. Car c’est un nouveau, énième certes, point de départ.

Comment parvenir à la ligne d’arrivée ? Quatre points cardinaux sont incontournables : le tracé des frontières entre les deux Etats, le sort des colonies israéliennes, le droit au retour des réfugiés palestiniens et le sort réservé à la partie Est de Jérusalem. Cette quadrature est connue depuis longtemps. La résoudre demande, c’est tout aussi communément admis, du courage politique. En ce sens, soumettre par avance l’approbation d’un hypothétique texte à référendum est un obstacle supplémentaire, si démocratique soit-il. Car pour prendre vie et si éloigné soit-il encore, un accord d’encre et de papier doit être incarné par ses signataires, Messieurs Abbas et Netanyahou.