Edito - La reprise : des chiffres et un état d’esprit

On l’a vu cette semaine, sur une base consolidée, la zone euro est techniquement sortie de récession. C’est un élément psychologique fort, à utiliser politiquement.

Patrick Van Campenhout
Edito - La reprise : des chiffres et un état d’esprit
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Edito de Patrick Van Campenhout 

 On l’a vu cette semaine, sur une base consolidée, la zone euro est techniquement sortie de récession. Même s’il ne s’agit là que de chiffres globaux qui masquent des situations économiques toujours catastrophiques pour les pays les plus fragiles, c’est un élément psychologique fort, à utiliser politiquement. C’est que ces signes de reprise, d’une croissance, fût-elle modérée, sont à même de modifier l’état d’esprit des entreprises et des ménages.

 L’économie qui tourne bien est avant tout le résultat d’une confiance des consommateurs. Cet état d’esprit avait été en son temps fort justement décrit par le président français François Hollande au cours d’une grand-messe internationale organisée par les géants mondiaux de l’économie. Celui-ci évoquait cet équilibre aussi fragile que subjectif, en assurant qu’il n’y aurait pas de croissance sans confiance mais qu’il n’y aurait pas non plus de confiance sans croissance… Or, les chiffres timides publiés cette semaine montrent cette fois une étroite fenêtre de tir politique. 

Pour François Hollande, moqué à propos de son influence sur l’économie française, il y a une carte à jouer. C’est aussi et surtout le cas pour la chancelière allemande Angela Merkel qui, forte d’une croissance de 0,7 % sur le trimestre écoulé, va jouer une partie de sa campagne aux législatives de septembre… sur du velours. Le discours de ces deux ténors politiques européens aura d’évidence un effet psychologique sur le comportement des acteurs économiques des pays partenaires… dont la Belgique ! Chez nous aussi, en effet, la reprise est en partie liée à un état d’esprit.