Edito: Mère Merkel

Dans un pays conservateur comme l’Allemagne, Angela Merkel incarne à la fois la détermination d’une femme et l’empathie d’une mère. Voilà pourquoi "Mutti" a basé sa campagne sur la confiance et pourquoi elle a été réélue haut la main dimanche.

Edito: Mère Merkel
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Christophe Lamfalussy

Un édito de Christophe Lamfalussy. 

Dans un pays conservateur comme l’Allemagne, Angela Merkel incarne à la fois la détermination d’une femme et l’empathie d’une mère. Voilà pourquoi "Mutti" a basé sa campagne sur la confiance et pourquoi elle a été réélue haut la main dimanche.

Formidable destin que celui de cette fille de pasteur, venue de l’ancienne RDA, qui égale ainsi les records de deux autres chanceliers chrétiens-démocrates Konrad Adenauer et Helmut Kohl.

C’est une bonne nouvelle pour l’Allemagne et pour l’Europe. Merkel a survécu à la crise de l’euro, rendu pâlots bon nombre de clowns populistes comme Berlusconi et donné le sentiment que l’Allemagne était gouvernée. Certes les Grecs ne l’aiment pas. Mais que seraient la Grèce et l’euro aujourd’hui si elle n’avait pas insisté pour que les Grecs se serrent la ceinture avant de recevoir la manne européenne ? Qui d’autre au sein du Conseil européen aurait osé tenir tête à la clameur des rues et aux cris de "Merkel, Hitler" ?

La chancelière allemande n’a pas lancé de grandes réformes sociales au cours de son dernier mandat. Elle a bloqué, pour cause d’élections, le projet d’union bancaire européenne. Et les richesses se répartissent mal dans ce pays dont l’insolente réussite économique nourrit les exportations belges.

Voilà pourquoi une "grande coalition" avec les sociaux-démocrates est ce qui peut arriver de meilleur si le parti n’obtient pas la majorité absolue. Les pourparlers seront âpres, mais au bout du compte il y aura un accord, et, on peut le parier, l’Allemagne rétablira la voilure, sans créativité politique, mais avec constance.

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