Édito - Piratage: la Belgique doit se réveiller

Il y a belle lurette que l’on sait que la Belgique est une terre d’élection pour les espions de la planète.

Un édito de  Jean-Claude Matgen
Édito - Piratage: la Belgique doit se réveiller
©REPORTERS

Il y a belle lurette que l’on sait que la Belgique est une terre d’élection pour les espions de la planète. Mais le livre de notre confrère Kristof Clerix (LLB du 27/9) a le mérite de montrer que “l’espionnite” n’a jamais été aussi florissante dans un pays et une capitale où l’on relève une forte concentration d’institutions internationales, de diplomates, de journalistes et d’ONG.

Mais il y a d’autres moyens d’aller à la pêche aux renseignements qu’en envoyant “physiquement” des James Bond à Bruxelles.

L’espionnage informatique bat également son plein dans notre pays. Et la révélation récente d’opérations de piratage au préjudice de départements ministériels ou d’entreprises sensibles, comme Belgacom, est venue illustrer la nécessité de mettre en place un vrai système de protection contre les intrusions indésirables qui menacent les institutions mais aussi la vie privée de chacun.

Les défaitistes diront qu’il s’agit d’un vœu pieux. Lutter contre des agences disposant de moyens matériels sophistiqués et humains illimités serait peine perdue. Cela le sera d’autant plus si nos dirigeants continuent à tergiverser, à prendre les choses à la légère, à rassurer à bon compte la population et à ne pas déployer les moyens nécessaires à l’édification d’une digue solide contre les attaques inamicales des “hackers”. Or, on attend toujours des mesures efficaces et concrètes; les départements ministériels se rejettent la balle, aucun organe digne de ce nom n’a été mis en place pour gérer le problème, des budgets ont été promis mais pas encore engagés. Cela nous fait penser à l’informatisation de la justice, sans cesse annoncée, jamais réalisée.

Un édito de  Jean-Claude Matgen