Edito: l’aveuglement coupable des Républicains

Ils ont donc osé. Dix-sept ans après avoir provoqué la colère des Américains en paralysant les services publics pendant une vingtaine de jours, la majorité républicaine à la Chambre a pris le risque de les indigner à nouveau en remettant le couvert mardi.

Philippe Paquet
Edito: l’aveuglement coupable des Républicains
©REPORTERS

Ils ont donc osé. Dix-sept ans après avoir provoqué la colère des Américains en paralysant les services publics pendant une vingtaine de jours, la majorité républicaine à la Chambre a pris le risque de les indigner à nouveau en remettant le couvert mardi. Elle s’efforce, certes, de rejeter la responsabilité de l’impasse budgétaire sur l’inflexibilité des Démocrates, majoritaires au Sénat, mais l’artifice ne trompe personne.

Le blocage n’est le fait, au demeurant, que des Républicains les plus conservateurs, associés de près ou de loin au mouvement radical du Tea Party. Car la stratégie ne fait pas l’unanimité à droite. Des Républicains modérés, comme John McCain, n’ont cessé de dénoncer une entreprise insensée et suicidaire, à un an des prochaines législatives aux Etats-Unis.

Le sénateur de l’Arizona a également fustigé l’acharnement de ses coreligionnaires contre la réforme de l’assurance-maladie du président Obama, qui est au cœur du bras de fer, leur reprochant d’ignorer le verdict des urnes (la loi a été votée après de longs débats et les Américains ont confirmé ce choix en réélisant Barack Obama). Or, là est bien la dimension la plus choquante de cette crise politique : les Républicains n’aspirent manifestement qu’à défaire à tout prix ce qui a été fait par le camp adverse, avec une intransigeance et une étroitesse d’esprit qui font peur. Et d’autant plus peur que, dans le cas présent, ce qui est dans le collimateur, c’est une réforme de la santé (d’ailleurs bien modeste selon les normes européennes) visant à garantir enfin des soins à ces millions d’Américains qui en ont été privés jusqu’ici.