Édito: Dans la farine

Et c’est reparti… Le CD&V évoque déjà une septième réforme de l’Etat. Élections, N-VA, réforme : le réflexe pavlovien n’est pas mort. Un éditorial de Francis Van de Woestyne.

Francis Van de Woestyne
Édito: Dans la farine
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Un éditorial de Francis Van de Woestyne.

Et c’est reparti… Le CD&V (photo: Wouter Beke, président du CD&V) évoque déjà une septième réforme de l’Etat. Élections, N-VA, réforme : le réflexe pavlovien n’est pas mort. 

1. On a peut-être été distrait. Mais depuis plusieurs mois, le CD&V, l’Open VLD et le SP.A affirmaient haut et clair que la prochaine législature devait permettre à la prochaine majorité d’appliquer la 6e réforme de l’Etat. Parce qu’il fallait laisser le temps aux nouvelles institutions de digérer cette réforme, la plus importante de l’histoire. A présent, le CD&V emprunte la tactique de son célèbre ancêtre, le CVP, maître dans l’art de rouler les francophones dans la farine. A peine un accord est-il scellé qu’on pense déjà à le modifier. 

2. Reconnaissons que c’est assez subtil : le CD&V, dans sa grande "sagesse", ne veut pas en faire une question de gouvernement mais considère que l’on peut confier au futur Sénat, chambre de réflexion, le soin de réfléchir à une nouvelle réforme de l’Etat. Sans doute des corrections sont-elles nécessaires. Mais la réforme que le CD&V envisage ne concerne pas de simples ajustements. Le président du CD&V, Wouter Beke, suggère que l’on active l’article 35 de la Constitution : on délimite strictement les pouvoirs de l’Etat fédéral. Et tout le reste appartient aux entités fédérées. Jusqu’à présent, aucun francophone ne s’inscrit dans cette logique. Dès lors, le scénario est écrit. Bientôt, vous entendrez le CD&V dire : les francophones portent une lourde responsabilité dans le blocage politique. Et dès lors, puisque ces horribles fédéralistes refusent cette étape intermédiaire, on est obligé, sous la pression de la N-VA, d’aller plus loin… 

3. Si la seule stratégie des présidents de partis flamands de la majorité consiste à légitimer le discours de Bart De Wever, on leur souhaite bonne chance pour le prochain scrutin.