Édito: du toc, pas du luxe…

Le gouvernement Di Rupo a bouclé son budget 2014. Belle opération. Il a aussi défini un plan de relance. Là, on attendait mieux. Beaucoup mieux...

Francis Van de Woestyne
Édito: du toc, pas du luxe…
©BELGA

Le gouvernement Di Rupo a bouclé son budget 2014. Belle opération. Il a aussi défini un plan de relance. Là, on attendait mieux. Beaucoup mieux. Prenons les choses dans l’ordre. L’idéal - ce que l’on ne fait jamais - est d’équilibrer les budgets en période de croissance. Mais, quand tout va bien, les politiques préfèrent distribuer les "fruits" de cette croissance plutôt que de les consacrer à la réduction de la dette. Electoralement, c’est plus rentable. On attend donc d’être dans la dèche pour assainir, c’est-à-dire au plus mauvais moment : quand les recettes s’effondrent et quand les besoins sociaux sont les plus importants.

Malgré cela, il faut reconnaître que, entre autres talents, les Belges sont passés maîtres dans l’art de rectifier les budgets en temps de crise. En deux ans, le gouvernement papillon a pris des mesures dépassant 22 milliards d’euros. Et les résultats sont là. L’équilibre budgétaire est en vue mais le gouvernement n’a pas fait de cet assainissement une obsession puisque le retour à l’équilibre a été repoussé d’un an. Dès lors, il n’y a pas eu de casse sociale.

En revanche, pour la relance, on repassera. Le gouvernement a recyclé un ensemble de quelques mesures, en a gonflé d’autres et a plongé aux oubliettes les décisions intéressantes attendues (réduction de la TVA sur l’électricité et avantages fiscaux pour les PME). Parler donc d’un plan de relance, c’est vendre de la margarine pour du beurre, du pâté pour du foie gras, du simili pour du cuir, du toc pour du luxe, un rictus pour un sourire, une passe pour une romance, un mic pour un mac, etc. Sans doute, vu l’étrangeté de l’équipage gouvernemental, gauche-droite, nord-sud, était-il impossible d’aller plus loin. Le résultat : une occasion manquée.

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