Edito: Un mauvais scénario, un vrai danger

Peut-on imaginer la classe politique américaine ne pas désamorcer une bombe atomique monétaire et économique qui risque de plonger la première économie mondiale et l’ensemble de la planète finance dans le chaos? Un édito de Vincent Slits.

Edito: Un mauvais scénario, un vrai danger
©AFP
Vincent Slits

Peut-on imaginer la classe politique américaine ne pas désamorcer une bombe atomique monétaire et économique qui risque de plonger la première économie mondiale et l’ensemble de la planète finance dans le chaos? Poser la question, c’est y répondre. Sauf à supposer que le Congrès américain soit composé d’irresponsables et d’apprentis sorciers, un accord politique sera trouvé in extremis sur le relèvement du plafond de la dette, empêchant, d’ici jeudi, un défaut de paiement des Etats-Unis. 

Ces dernières heures, la pression est montée de toutes parts : Banque mondiale, FMI ou d’autres ont rivalisé de superlatifs pour dépeindre l’apocalypse que serait un défaut de paiement de l’Oncle Sam. Comme un mauvais scénario hollywoodien où l’on jouerait, dans une bande-annonce mondialisée et par institutions interposées, à se faire peur, sachant que le pire sera en fin de compte évité. Enfin, normalement… 

Car une issue, aussi irrationnelle et absurde soit-elle au vu des intérêts économiques en jeu, reste une option possible, si pas plausible tant que la voie de la raison ne l’a pas emporté. Le risque est donc bien d’induire le doute, d’alimenter les peurs. On l’a dit, ce débat sur le relèvement de la dette américaine est avant tout politique : l’Amérique est prise en otage par quelques ultras qui veulent faire plier Barack Obama sur sa réforme emblématique des soins de santé. Le bras de fer entre désormais dans une zone de très forte instabilité. Le leadership des Etats-Unis sortira de cette tragi-comédie amoindri et fragilisé. La crédibilité du système financier américain sera, elle, entachée. L’un et l’autre durablement.

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