Édito: un nouvel esprit belge

Un édito de Francis Van de Woestyne.

Francis Van de Woestyne
Édito: un nouvel esprit belge
©Photo News

Il y a des chiffres qui donnent froid dans le dos. Ceux de la pauvreté en Belgique. Il y a des images qui glacent. Ceux des travailleurs licenciés, en pleine force de l’âge, victimes de restructurations aveugles. Il y a des statistiques qui font frémir : celles du nombre de faillites. Autant de projets porteurs de bonheur qui se fracassent avant l’heure.

La Belgique n’échappe pas à ces drames, à ces échecs. Et face à ces douleurs, on ne peut que s’incliner. Et espérer des jours meilleurs. Mais on peut aussi, sans naïveté, constater les transformations que la Belgique connaît depuis deux ans. Et se réjouir, sans rougir, de ces évolutions, même si rien n’est jamais définitivement acquis. Y a-t-il une recette belge, version Elio Di Rupo ? Il y a, en tout cas, des résultats. Exemples.

Les finances publiques. Elles sont toujours vacillantes. Sans la crise bancaire, elles seraient moins précaires. Mais 22 milliards d’efforts, équitablement répartis, permettent d’entrevoir un retour à l’équilibre.

La stabilité. Il y a trois ans, la presse étrangère attendait que la Belgique vole en éclats. Aujourd’hui, on y vient pour son éclat. On exagère ? Un peu, sans doute. Mais pourquoi toujours ressasser les mêmes misères. Car même sans les Diables, la Belgique peut avoir des allures formidables.

Ce qui frappe aujourd’hui, c’est un nouvel esprit. Il ne manque pas grand-chose pour que les Belges retrouvent confiance en eux. Il suffirait de presque rien. Que les forces, mêmes divergentes, apprennent à s’unir plutôt qu’à se contredire. Qu’ensemble, enfin, on fasse marcher ce pays plutôt que de chercher à le disloquer.

Le nirvana ? Mais non. Simplement, il est bon, parfois, de dire ce qui se chuchote tout bas. Qu’en Belgique, finalement, on n’est pas si mauvais que cela.