Un défi et non un dépit

Sabine Laruelle, ministre (MR) des Classes moyennes, quittera la politique à la fin de cette législature. Saluons ce geste. D’abord parce qu’il n’est pas fréquent... Un édito de Francis Van de Woestyne.

Van de Woestyne Francis
Un défi et non un dépit
©Johanna de Tessières

Sabine Laruelle, ministre (MR) des Classes moyennes, quittera la politique à la fin de cette législature. Saluons ce geste. D’abord parce qu’il n’est pas fréquent. D’ordinaire, lorsqu’un politique quitte ce monde "cruel et impitoyable", c’est parce qu’il n’a pas été réélu, parce qu’il n’a pas été reconduit dans une fonction ministérielle ou parce son parti a été éjecté du pouvoir. Alors, les candidats malheureux cherchent à être recasés dans un bidule politique. Sabine Laruelle, elle, rêve de travailler dans une ONG, ou à l’étranger. Il faut ensuite saluer ce geste parce que le bilan de Sabine Laruelle est excellent. Non, ce n’est pas exagéré. Les indépendants le savent bien. Son grand fait d’armes ? La revalorisation du statut social des indépendants. C’est grâce à elle si les allocations familiales du premier enfant des indépendants sont équivalentes à celles des salariés; c’est grâce à elle si les pensions des indépendants ont été revues à la hausse, c’est grâce à elle si le congé de maternité des indépendantes a été allongé, si les petits risques ont été intégrés, etc. Ces priorités étaient celles de tout le gouvernement. Mais c’est elle qui, au jour le jour, a forcé les accords.

Enfin, il y a quelque chose de "sain" dans ce départ. Sabine Laruelle quitte la politique parce qu’elle estime avoir fait le tour de la question - elle est ministre depuis 12 ans. Elle s’en va parce qu’elle a tout simplement envie de changer d’air. Elle part non par dépit mais parce qu’elle a envie de se poser un nouveau défi. Cela ne signifie pas que les professionnels de la politique devraient tous tirer leur révérence après un certain temps. Car les ministres travaillent comme des forçats. Mais ils pourraient se poser la question: doit-on être homme ou femme politique toute une vie ?