Édito: parfois sexy, toujours nuisible

Les mafias, les vraies, ricanent autant du charme sexy dont les habille la Sharon Stone de "Casino" que de la froide séduction qu’exerce Al Pacino dans son trois-pièces de "Godfather".

Gilles Milecan
Édito: parfois sexy, toujours nuisible
©Photo News

Les mafias, les vraies, ricanent autant du charme sexy dont les habille la Sharon Stone de "Casino" que de la froide séduction qu’exerce Al Pacino dans son trois-pièces de "Godfather".

Ces visages-là, comme tant d’autres criminels romancés ou simplement fictifs, maquillent les organisations criminelles d’un romantisme trompeur.

Le crime organisé, le vrai, n’est pas une affaire d’hommes d’honneur. Encore moins un substitut valable à une structure étatique, qu’elle soit absente ou défaillante.

C’est une peste pour la démocratie, dont elle ronge les mécanismes en en corrompant des agents. C’est une gangrène qui moisit la confiance des citoyens lorsque ceux-ci subissent la trop grande facilité avec laquelle de l’argent public est noirci et celle avec laquelle l’argent sale est blanchi.

C’est un désastre pour l’économie. La mafia fausse la concurrence et se moque comme un poisson d’une pomme des standards environnementaux, sociaux, sanitaires, de sécurité…

C’est l’exploitation sans vergogne du malheur, de la détresse, de la faiblesse. C’est la brutalité, la contrainte, la cruauté.

Tony Soprano, personnage central des "Soprano", série centrée sur le quotidien d’un mafieux du New Jersey, résume : "Je suis un peu l’inverse du roi Midas : tout ce que je touche se transforme en merde".

Les effets et, plus encore, les causes, du crime organisé réclament une réponse forte, rapide, légale et sans frontières.

En commençant par frapper où ça fait mal : au portefeuille. La traçabilité des avoirs bancaires, leur gel en cas d’enquête sur leur origine et leur confiscation après condamnation ne sont pas de doux rêves. Même s’ils seront ardus à mettre en œuvre, l’économie saine et la justice sociale ne peuvent qu’y gagner.