Édito: Circulez, il n’y a rien à voir…

La saga Belgacom a connu un nouvel épisode mercredi. Et Bellens a de nouveau été blanchi. Et l'éthique alors? Un édito signé Vincent Slits.

Vincent Slits
Édito: Circulez, il n’y a rien à voir…
©Photonews

Un édito signé Vincent Slits.

Suite et pas fin de la saga Belgacom. Hier, les députés avaient rendez-vous avec Stefaan De Clerck, le nouveau président du conseil d’administration de l’opérateur télécoms. Objectif : décortiquer les conclusions de l’audit "externe" réalisé par Deloitte - le réviseur maison de Belgacom ! - suite à la polémique née des soupçons de conflit d’intérêt dans le chef de Didier Bellens, patron de Belgacom et accessoirement administrateur d’Immobel, possible acquéreur d’un immeuble mis en vente… par Belgacom.

Au final, ce nouvel audit, après celui réalisé en interne, a de nouveau blanchi Didier Bellens. Rien d’illégal, dit Deloitte. Pas de conflit d’intérêt, ajoute-t-on. Circulez messieurs les parlementaires, il n’y a rien à voir… Reste que si une faute n’a pas été démontrée, la question éthique reste posée : Bellens ne devrait-il pas abandonner son mandat chez Immobel ? Car des zones d’ombre subsistent dans ce dossier, qui alimentent le doute et interpellent sur la qualité de la gouvernance au sein de l’entreprise autant que sur la crédibilité et le professionnalisme de son conseil d’administration.

Est-il normal que personne ne soit capable, afin de lever définitivement toute suspicion, de dire à quand remontent les premiers contacts entre Belgacom et Immobel et si, oui ou non, ce dernier a été, d’une quelconque manière, avantagé ? Est-il normal de voir des administrateurs ne recevoir qu’un draft de deux pages de cet audit et accepter que ce dernier n’aille pas au bout des choses ? Est-il acceptable qu’un administrateur fraîchement nommé par le MR brosse ses deux premiers CA ? Non, non et non évidemment.

Il est urgent que les partis qui nomment leurs représentants au conseil d’administration attendent d’eux autre chose que de toucher des jetons de présence ou d’être de simples relais politiques.