Edito: Didier Bellens, trop, c’est trop

Hier encore, il a déversé son fiel, ses aigreurs, sa rage. Trop, c’est trop. L'arrogance de Didier Bellens, sa suffisance, ont dépassé les bornes. Un édito de Francis Van de Woestyne.

Francis Van de Woestyne
Edito: Didier Bellens, trop, c’est trop
©Photo News

Un édito de Francis Van de Woestyne.

On raconte que, parcourant un document d’une centaine de pages, bourré de chiffres, de tableaux, de graphiques, de formules incompréhensibles pour le commun des mortels, il est toujours celui qui, en quelques instants, déniche l’erreur ou l’opportunité.

C’est pour cela qu’il est là, Didier Bellens : à la tête de Belgacom.

Recherche, innovation, marketing : la recette Bellens est connue. Son autorité, son sens de la stratégie ont imposé des choix rapides, efficaces fondamentaux. Chapeau. Mais là s’arrête le "génie" de Didier Bellens.

Des affaires délicates ont provoqué, il y a quelques années, le départ de personnes de très grande qualité qui ne supportaient plus sa mauvaise gestion des ressources humaines. Sa présence dans le conseil d’administration d’une société qui rachète des immeubles vendus par Belgacom a mis en évidence un conflit d’intérêt que lui seul ne veut pas voir.

Hier encore, il a déversé son fiel, ses aigreurs, sa rage. Trop, c’est trop. Son arrogance, sa suffisance ont dépassé les bornes. Du haut de sa tour illuminée, Didier Bellens nargue, ricane, déblatère, joue, ignorant un peu vite qu’il est à la tête d’une entreprise publique. Et qu’à ce titre, il doit rendre des comptes. Oui, trop, c’est trop. Didier Bellens se croit tout permis, vomit ceux qui lui demandent des explications. Il ose tout car il sait qu’il ne sera pas reconduit et que, quoi qu’il arrive, son salaire de joueur de football tombera chaque mois. Et sa mise à l’écart coûterait si cher qu’elle est inenvisageable. Oui, on a besoin de grands patrons en Belgique. Eclairés, audacieux, visionnaires. Il est possible d’en trouver qui respectent aussi les lois, les règles, des hommes.