Édito: Les failles de la saga Belgacom

L'État belge devrait bientôt être débarrassé d'un patron très encombrant. Ne devrait-il pas aussi vendre une partie de ses parts pour ne plus être actionnaire majoritaire? Un édito de Francis Van de Woestyne.

Un édito signé Francis Van de Woestyne
Édito: Les failles de la saga Belgacom
©Photonews

Un édito de Francis Van de Woestyne.

Bientôt, tout le monde sera content. Didier Bellens sera soulagé puisqu’il ne devra plus supporter cet actionnaire qu’il exècre. L’Etat belge se débarrassera d’un patron très encombrant. Mais que de failles !

1. La tutelle sur les entreprises publiques, celle sur Belgacom en particulier, n’a pas été correctement exercée. L’Etat belge s’est bien souvent contenté d’encaisser le plantureux dividende de Belgacom sans se poser les questions essentielles sur la gestion de l’entreprise. On a laissé à Didier Bellens une immense latitude parce que son entreprise comblait en partie le déficit de l’Etat. 

2. Aujourd’hui encore, alors que le ministre compétent, Jean-Pascal Labille (PS) prend enfin le dossier très au sérieux - contrairement à ses prédécesseurs -, il tarde à prendre la seule décision qui s’impose : la mise à l’écart de Didier Bellens. Il s’agit, explique-t-on, de bien examiner son contrat. Incroyable ! Ainsi, alors que le cas Bellens est brûlant depuis des mois, l’autorité de tutelle ne connaît pas encore, apparemment, toutes les subtilités d’un contrat que l’on devine "en béton". Tous les partis politiques réclament le départ de Didier Bellens : pourquoi donc faut-il encore que le dossier soit soumis au kern ? 

3. La difficulté, apparemment, est de trouver un autre patron pour le job. L’oiseau est rare : il devrait être francophone et se "contenter" d’un salaire raboté qui passera de plus de 2,5 millions d’euros à 290000. Une misère… 

La conclusion de cette saga ? L’Etat n’a aucun intérêt à rester actionnaire majoritaire. Car même avec cette position, il ne parvient pas à se faire respecter. La vente de 5 ou 10 % de ses parts rapportera un pactole qui permettra de réduire la dette. L’Etat aurait tort de s’en priver.