Édito: un premier pas encourageant

Disons-le d’emblée : l’accord préliminaire signé dimanche à Genève entre l’Iran et les grandes puissances afin d’encadrer le programme nucléaire iranien est une bonne chose.

Vincent Braun
Édito: un premier pas encourageant
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Disons-le d’emblée : l’accord préliminaire signé dimanche à Genève entre l’Iran et les grandes puissances afin d’encadrer le programme nucléaire iranien est une bonne chose. Cela fait trop longtemps que ce dossier empoisonne les relations diplomatiques entre la République islamique et le reste de la communauté internationale. Trop longtemps que ce cocktail de suspicion et de mauvaise volonté maintient l’Iran au ban des Nations. La ligne d’ouverture que suit le nouveau président iranien, Hassan Rohani, envisage de rompre l’isolement de son pays. Cet accord confirme cela. Tant mieux.

Durant six mois, la République islamique a l’occasion de prouver sa bonne foi. Elle va pouvoir démontrer au monde que son programme nucléaire civil ne dissimule pas le volet militaire dont la communauté internationale devine les contours. Elle le clame, reste à en apporter les preuves irréfutables, ce qu’elle renâcle à faire depuis trop longtemps.

Cet accord donne aussi l’opportunité à l’Iran d’accélérer sa sortie d’une profonde crise économique, aggravée par huit ans de politiques inappropriées et accélérée par des sanctions économiques et financières internationales.

Bien sûr, l’Iran avait cherché les limites par une coopération récalcitrante et dilatoire avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Les sanctions avaient fini par sanctionner son attitude insoumise. L’accord de Genève, qui en appelle un autre plus global, est prometteur d’un relâchement bienvenu de l’impressionnante pression internationale. Car, si l’on réprouve la duperie ou la dissimulation, il est difficile d’accepter, sur la foi de soupçons aussi étayés soient-ils, une telle étreinte sur le long terme. Sous peine d’être soupçonné à son tour de discrimination, voire de persécution.


Un édito de Vincent Braun.