Edito : les ondes gravitationnelles, une lumière pour l'humanité
L'observation directe, pour la première fois, d'ondes gravitationnelles est une nouvelle extraordinaire pour l'histoire des sciences et pour l'humanité. Pour trois raisons. Un édito signé Guy Duplat.
- Publié le 12-02-2016 à 06h15
- Mis à jour le 12-02-2016 à 09h33
Un édito signé Guy Duplat.
L'observation directe, pour la première fois, d'ondes gravitationnelles est une nouvelle extraordinaire pour l'histoire des sciences et pour l'humanité. Pour trois raisons. D'abord, cela donne raison à Albert Einstein, cent ans après sa prédiction de l'existence de telles ondes. C'est le génie de l'intelligence humaine de découvrir ainsi les secrets de la nature.
Ensuite, cette réussite est le fruit d'une équipe de mille scientifiques, venus de vingt-sept pays, transcendant les frontières, les égoïsmes et les conflits pour s'adonner à une recherche fondamentale, non marchande, non politique, simplement humaine. Et ils ont réussi à détecter ce qui est aussi difficile à trouver qu'un grain de sable précis sur toutes les plages de Normandie et aussi petit qu'un atome par rapport à la distance séparant la Terre du Soleil.
Enfin, cette découverte est équivalente au moment où Galilée, pour la première fois, pointait sa lunette astronomique vers le ciel. Près de 99 % de l'Univers nous est opaque (trous noirs, matière noire, énergie noire) car il n'émet pas d'ondes électromagnétiques (radio, lumière, rayons X). Avec les ondes gravitationnelles, on pourra enfin "voir" certains phénomènes de notre Univers comme les trous noirs et mieux les comprendre. C'est comme si, après des millions d'années dans la pénombre, une petite lumière s'était allumée, nous permettant de mieux éclairer la cage dans laquelle nous vivons. Cette découverte est le meilleur de l'homme, comme un poème de Rimbaud ou une sonate de Bach. Sans autre profit que d'accroître notre connaissance et de nous rendre plus humains.