Edito : Les gilets jaunes, un baroud de déshonneur

- Publié le 17-03-2019 à 13h20
- Mis à jour le 18-03-2019 à 16h38
Un édito de Dorian de Meeûs
Ce samedi, les "gilets jaunes" souhaitaient démontrer que leur mouvement n'était pas à bout de souffle, comme pressenti par nombre d'observateurs depuis plusieurs jours. Avec la fin du Grand Débat national, lancé par Emmanuel Macron pour répondre aux revendications de la rue, c'est l'avenir du mouvement "gilets jaunes" qui se joue.
Ce XVIIIe acte devait donc se traduire par un baroud d'honneur ou un regain de vigueur. Dans les rues de Paris, ce ne fut finalement ni l'un ni l'autre, mais un véritable baroud de déshonneur. Les plus naïfs continueront à estimer que les casseurs se sont infiltrés dans un mouvement citoyen légitime. Les réalistes constateront que les "gilets jaunes" qui ne commettent pas d'actes de violence ne s'en distancient pas pour autant. Pire, quand ils ne les commettent pas eux-mêmes, ils les soutiennent. Cette complicité coupable ruine définitivement le peu de crédibilité et de légitimité qu'il restait à ce mouvement.
Car, au fond, comment peut-on accepter que des anarchistes et des casseurs professionnels transforment les Champs-Élysées chaque samedi en terrain de jeu. Brûler quatre kiosques à journaux sur une même avenue ? Bonjour le signal vers un souffle démocratique. Éventrer des vitrines de magasins, piller des bijouteries, caillasser des forces de l'ordre, détruire le patrimoine historique de Paris… Incendier un restaurant et une agence bancaire situés en dessous d'appartements d'habitation est un acte criminel injustifiable. Un tel bilan soulève également de nombreuses questions sur la stratégie policière (voire politique) mise en place samedi pour protéger Paris, ses habitants, ses commerçants, ses touristes, ses biens et son image.
Face à ces situations explosives, les syndicats de police ont raison d'exiger des condamnations et des peines plus sévères.