Édito: Boris Johnson et la surdité britannique

Un édito de Hubert Leclercq Boris Johnson a succédé, à la tête du gouvernement britannique, à Theresa May. Ces deux derniers Premiers ministres ont au moins deux points communs, ils sont conservateurs et sourds au message que leur répète à satiété l'Union européenne. (...)

Hubert Leclercq
Édito: Boris Johnson et la surdité britannique
©AFP

Un édito de Hubert Leclercq
Boris Johnson a succédé, à la tête du gouvernement britannique, à Theresa May. Ces deux derniers Premiers ministres ont au moins deux points communs, ils sont conservateurs et sourds au message que leur répète à satiété l'Union européenne.
Comme Theresa May, dont il fut un des lieutenants avant de se muer en artisan de la chute, Boris Johnson ne veut rien entendre du message européen, s'ingéniant à présenter l'impasse actuelle du Brexit comme le résultat de l'entêtement européen. Johnson se présente comme le chef d'un irréductible village britannique pris en otage par Vingt-sept États qui refusent de le laisser voler de ses propres ailes. 
À moins de trois mois de l'échéance du 31 octobre, l'ancien journaliste, correspondant à Bruxelles, feint de croire qu'il peut obtenir une renégociation de l'accord entre son pays et l'Union européenne. Son credo pourrait se résumer par "il n'y a qu'à" ou "quand on veut, on peut". Un message outrageusement simpliste qui peut séduire ses partisans mais qui n'a aucune chance d'émouvoir Angela Merkel et Emmanuel Macron qu'il doit rencontrer ces mercredi et jeudi. Mais un discours qui va parler à Donald Trump qui sera à ses côtés lors du G7 de Biarritz ce week-end. Nul doute que ce couple s'entendra comme larrons en foire pour critiquer l'UE et pour envoyer des signaux de prospérité éternelle à la population britannique. En fait, Boris Johnson s'est lancé dans une partie de poker menteur à destination de son électorat. Il sait que l'Union européenne ne fera jamais marche arrière. Il sait que sa majorité parlementaire ne tient qu'à un élu et que son Parlement, dont certains élus, aussi bien travaillistes que conservateurs, appellent la convocation anticipée d'élections, se sent de plus en plus mal à l'aise face à la menace d'un no deal (trop) coûteux. Johnson prépare donc déjà le retour aux urnes. Il est en campagne, drapé dans la tenue du défenseur du peuple contre l'establishment eurocrate. Une posture traditionnelle pour certaines familles politiques, une posture qui a assuré le succès de Trump.

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