Édito sur la COP 25: le retour de la zizanie

- Publié le 16-12-2019 à 06h36
- Mis à jour le 16-12-2019 à 06h37

Un édito de Gilles Toussaint.
Décevant, forcément décevant. Et inquiétant.
Le triste spectacle offert ce week-end par les représentants de la communauté internationale a de quoi corroder l'optimisme le plus inoxydable.
S'il a évité de justesse le crash total, le 25e sommet climat des Nations unies n'aboutit une nouvelle fois qu'à des résultats a minima. Loin, très loin, de l'appel à la mobilisation générale lancé (et relancé) par les scientifiques, mais aussi des engagements pris par ces mêmes acteurs il y a quatre ans à Paris.
Aussi décourageante soit-elle, pourtant, cette situation n'est guère surprenante. Elle reflète simplement l'état actuel de la géopolitique mondiale où plusieurs grands pays ont délibérément opté pour le rapport de force et le repli nationaliste plutôt que la coopération et le multilatéralisme. Des équilibres géopolitiques mouvants, qui évolueront encore, en mal comme en bien.
Le défi climatique étant par définition un problème global, ces rencontres restent nécessaires pour éviter de basculer totalement dans la spirale conflictuelle du chacun pour soi. Mais il est illusoire d'attendre de ces grands-messes annuelles qu'elles règlent tous les problèmes d'un coup de baguette magique.
La dynamique de changement et de transformation de nos sociétés viendra d'ailleurs. Des changements de comportements et de modes de consommation des citoyens "de base".
De leur capacité à se mobiliser collectivement pour pousser les autorités publiques de leur village, de leur ville, de leur région et de leur pays à créer le cadre adéquat pour faciliter l'émergence de ce "nouveau monde", en ce compris de certains progrès technologiques.
À Madrid, le seul signal d'espoir est d'ailleurs venu de Bruxelles, où la Commission et les dirigeants européens ont affirmé leur volonté de s'engager dans cette direction.
Toutes ces belles paroles devront évidemment encore être confirmées par des faits, mais on a la faiblesse de penser que la pression exercée depuis de longs mois par une partie croissante de la jeunesse européenne n'y est pas complètement étrangère.